Les préoccupations sino-lunetières de la France en temps de Covid

Depuis un an, la France vit au rythme de la pandémie de Covid19. Plus de 100.000 morts à ce jour, des séquelles durables pour beaucoup, physiques et donc psychologiques qui nécessiteront sans doute des prises en charge.

Les conséquences économiques seront inévitables. L’Etat a distribué sans trop de limites, la dette va se creuser, il faudra rembourser: les banques n’ont pas l’air disposées à faire d’efforts, comme d’habitude. Seul le citoyen, et en particulier l’indépendant, sera mis à contribution. Le riche ne sera pas inquiété de peur qu’il ne parte, et le démuni ne pourra pas payer. Comme d’habitude.

De nombreux problèmes seront à résoudre. Mais, depuis quelques semaines, l’une des préoccupations majeures du gouvernement semble être la proportion de lunettes 100% santé vendues dans les boutiques de France. Autrement dit, combien les opticiens français auront vendu de lunettes chinoises. Et il a fixé un minimum à atteindre.

Nous savons que les chinois ont été les premiers touchés par la pandémie. Toutefois, est-ce à la France et à elle seule de se soucier du sauvetage de leur industrie lunetière? J’ai pourtant appris ces derniers jours qu’il existait, dans les montagnes françaises, des contrées nommées Morez, ou Oyonnax, et d’autres lieux aux dénominations étranges, où il existerait des fabricants de montures depuis des générations. Que beaucoup d’entre eux ont mis la clé sous la porte depuis quelques années. Des noms d’un autre siècle : Logo, Paget par exemple. Mais certains inconscients résistent encore, et, soucieux de son combat afin de préserver les emplois des petites, voire toutes petites mains orientales, notre gouvernement nous somme, finalement, de refuser si il le faut la vente de montures locales pour atteindre le quota exotique.

Ainsi, des brigades de la DGCCRF sont lancés à nos trousses afin de nous convaincre de nous rallier à cet impérieux combat, et nous expliquer les bonnes pratiques, voire nous sanctionner. Nous sommes rappelés à l’ordre par l’un de nos syndicats, le ROF, signataire de la mesure avec le SYNOM, syndicat ultra-corporatiste des boutiques d’optique mutualistes, ne représentant l’intérêt, finalement, de quasiment une seule enseigne. Comme dans une classe de Cours Préparatoire, nous voilà à la merci d’une punition collective en cas de mauvaise conduite, que je subodore être la baisse du montant du prix de vente maxima auquel doivent être vendues ces merveilles, ce qui n’empêchera pas de maintenir cet absurde et destructeur quota. Pour l’instant, les premières conclusions de nos limiers nationaux nous imputent 60% d’irrégularités. Se demander si la faute ne viendrait pas de leur machine à gaz est au-dessus de leurs forces.

Il faut voir ce qu’on nous demande. Un devis normalisé de 3 pages, défi écologique, obligatoire, indiquant, quel que soit le besoin du patient, une proposition 100% santé, une vraie littérature illisible. En parler ne suffit pas. Cela a été mis en place dès le début de cette mesure, au 1er janvier 2020, alors que nous nous debattions avec les bugs des nouveaux LPP, qui nous ont empêché, pour la plupart d’entre nous, de facturer quoi que ce soit lors des 3 premières semaines de l’année. Selon les mutuelles, c’était évidemment les opticiens qui y mettaient de la mauvaise volonté: nous les avons donc puni en ne faisant pas rentrer l’argent dans nos trésoreries. Nous allons remettre ça en juillet, avec les codes fournisseurs…

Bref, du temps et encore du temps. 45 jours après cette torture, nous voilà en confinement pour 2 mois, et à notre retour, nous voilà partis pour les desinfections des montures et les jauges. Mais dites-moi, était-ce vraiment le moment de rallonger le temps de la prise en charge du patient alors que nos tâches sont multipliées, et que nous devons respecter un espace de 8m² par client ? Sommes-nous si incompétents pour ne pas savoir quoi proposer, efficacement et rapidement quand on a une vraie expérience, pour être mis sous tutelle et devoir passer par toutes ces circonvolutions ? Même après le Covid, leçon de vie, le gouvernement pour qui le 100% santé serait finalement la seule mesure lisible du quinquennat, ne lâche rien, le succès de cette mesure serait le marqueur du mandat.

Pourtant, nous aurions dû comprendre enfin que faire des économies sur la santé n’amène rien de bon dès qu’un écueil s’interpose. Nos gouvernants aussi auraient dû percuter sur le fait que les réseaux n’ont de soin que le nom, leur inaction lors de la crise des masques où les difficultés vaccinales éclaire d’une lumière éblouissante leur véritable nature. Errare humanum est, persevere diabolicum: après la Loi Leroux, le milliard de Benoît Hamon, le nivellement par le bas légalisé et quasi-obligatoire du médical et du paramédical semble rester la doctrine de nos dirigeants successifs. Sans compter le dictatorial déremboursement du patient C2S (ex-CMU et ACS) si il choisit autre chose que le « panier A », et la baisse de 60€ en moyenne du remboursement sécu pour les enfants, qui permettait aux plus jeunes d’accéder à un équipement plus solide et qualitatif. Oui, le 100% santé, qui exclut les citoyens sans complémentaire (ils appellent ça les « trous dans la raquette »), a fait augmenter le reste-à-charge!

Serions-nous contraints de mentir, affirmer sans honte à chacun de nos patients que le 100% santé est de qualité équivalente au haut-de-gamme afin d’aider à la réélection du président ? Sommes-nous des instruments d’une propagande, des messagers gouvernementaux ? Ai-je bien compris la mission qu’on nous assigne et, pire, qu’on nous impose?

Faisons confiance à l’Etat afin de nous sortir de cette pandémie. Qu’ils fassent confiance aux praticiens pour le confort visuel, auditif et dentaire des Français, ils garderaient leur énergie pour une vraie cause. Le 100% santé serait une bonne mesure si elle était administrativement légère et sans un aspect dictatorial provenant non seulement des pouvoirs publics mais aussi des mutuelles, dont c’est devenu une ligne de défense systématique pour rejeter sur le professionnel la faute de la baisse des prestations.

Je veux juste finir par dire que le citoyen n’est pas dupe, que nous sommes sur le terrain, l’entendons, sommes accessibles, compréhensibles et persuasifs. Ils voient d’année en année leurs cotisations santé publiques et privées exploser, un accès aux soins de qualité de plus en plus bafoué, le basculement progressif des remboursements du public vers le privé. Une calculatrice 4 opérations chinoise à 2€ suffit à leur ouvrir les yeux et l’esprit. Bien plus qu’une paire de lunettes de la même origine.

La victoire à la Pyrrhus de Monsieur Godinho

Ce matin, annonçant la première journée du couvre-feu national à 18 heures, je tombe sur un tweet victorieux de Luis Godinho, président du syndicat national des audioprothésistes. 

Son contenu? La possibilité d’ouvrir après 18 heures pour sa profession chérie.

Un an. Voilà un an qu’on vit avec le spectre de ce virus qui nous pourrit la vie, de cet ennemi qui tue des millions d’humains dans le monde, des centaines de milliers en France. Une véritable loterie, dont personne ne peut se sentir à l’abri. Qui sait si il ne porte pas une co-morbidité, qui se suppose assez jeune pour échapper au pire, qui a envie de vivre des séquelles, de perdre le goût, l’odorat; qui a envie de voir un proche plongé dans le coma, ne pas savoir si il va se réveiller, comment il va se réveiller? Qui a envie de choper ce virus? Et lequel? Celui d’origine? L’anglais? Le Sud-Africain? Qui sait comment se propagent ces deux derniers? Et qui connaît l’avenir de ces virus dans nos corps, même si nous avons été asymptomatiques?

Depuis un an, un décompte de morts nous est distillé. Ce n’est visiblement pas assez pour certains. Et on ne connaît pas de date limite, ça peut durer encore 1 an, 2 ans, 10 ans. Et en vérité, nous ne savons qu’une chose: l’éradication de cette malédiction viendra en grande partie de nous, nos prises de conscience, nos comportements à moyen terme.

Mais… Et le tiroir caisse dans tout ça?

Rendez-vous compte de la perte pour ces pauvres audioprothésistes, surtout avec le lancement du généreux 100% santé, avec une fermeture une heure plus tôt que d’habitude, pendant quelques semaines !

Le syndicat va nous rétorquer : ah mais la sénilité, l’empathie, et j’en passe, et des meilleures. C’est vrai: l’immense majorité de la patientèle, retraitée, ne peut pas s’organiser pour aller chez l’audio avant 18 heures ! La plupart ne voient plus leurs enfants et leurs petits enfants ! Mais ils auront le dernier appareil à 2500€ pièce, et peut être le Covid en prime !

Ce que nous n’arrivons pas à comprendre, au-delà de notre chiffre d’affaires, c’est que chaque brassage, déplacement que nous créons peut avoir des conséquences catastrophiques. Même si nous nous vantons de respecter toutes les consignes sanitaires – quoique les caissons UV sont plus que discutables – le remède, hors vaccin, est de limiter au maximum les interactions et les déplacements.

Difficile à comprendre, Monsieur Godinho?

D’autant plus qu’avec les boutiques qui cumulent l’optique et l’audioprothèse, seule la naïveté peut nous éviter de penser les conséquences de ce genre de permissions. 

Encore, nos points de vente ont eu le droit d’ouvrir depuis la fin du premier confinement. Et le travail était au rendez-vous. Nous n’avons pas à subir le supplice d’autres professions.

Et certains sont là à gratter une heure ! Minable.

Pour une fois, opticien, je suis fier des deux syndicats qui me représentent. Sur la même ligne courageuse et responsable. Même si nous trouverons dans nos rangs une minorité de déchets qui recevront rideau baissé, cachés comme des cloportes, afin de casser notre belle discipline.

Le leitmotiv des audioprothésistes pour se valoriser était de descendre les opticiens et de tirer sur une ambulance déjà bien attaquée. « Ne nous confondez pas avec eux ». Vous venez de devenir pire.

Audioprothésistes, je vous laisse juges de cette communication mortifère, irresponsable. Indécente devant les difficultés que rencontrent beaucoup d’autres métiers. Le président de votre syndicat a cherché le trou de souris qui vous autoriserait à gratter ces quelques minutes d’activité quotidienne. J’ose espérer que vous pensez mieux valoir que ça.

Contrats collectifs: pour qui roulent les entreprises?

Opticien, je me suis retrouvé devant une cliente surprise de son dernier remboursement optique, très bas.

Salariée d’une des plus grosses boîtes d’electro-menager et de culture française, quand elle a osé soumettre aux syndicats son étonnement, elle s’est vue répondre: « Arrêtez-vous. La mutuelle estime que vous êtes gâtés, et que vous vous plaignez trop! »

J’ai bondi. Et j’ai répondu. Et désolé pour les majuscules.

QUI se plaint ?

Vous qui voyez à juste titre vos prestations s’effondrer et vos cotisations s’envoler?

Ou l’assureur, ou plutôt les représentants de son courtier, tête visible de ce mille-feuille indécent, qui revient régulièrement expliquer que les assurés CONSOMMENT trop, que la prétendue « mutuelle » PERD DE L’ARGENT, que le contrat est DÉFICITAIRE encore et encore, et qu’il  n’y a d’autre choix que de BAISSER les garanties pour éviter D’AUGMENTER plus les cotisations qui AUGMENTERONT de toutes manières !

Ce qui ne les empêcheront pas d’être présents lors des prochains appels d’offres !

Connaissez-vous une entité commerciale ultra-puissante qui perd de l’argent, et vu l’ampleur du contrat, ça se chiffrerait en dizaines de millions d’euros, et qui reste et se bat pour garder la place?!

Quel changement de paradigme des syndicats, autrefois engagés pour la défense du salarié, et qui se mettent béatement à défendre un courtier, à répandre les affirmations mensongères et putrides de ses affidés en col blanc, ainsi que d’un énorme assureur, autrefois qualifié de PROFITEUR, de REPRÉSENTANT DU CAPITAL, accusé que de ne faire gonfler les revenus des dirigeants, et de n’être intéressés que par le versement de DIVIDENDES?

Pour QUI ?

Pour QUOI ?

Et surtout…

Pour COMBIEN ?

Quelle indécence !

Les CGT, CFDT, FO, CFTC, UNSA et consorts, qui êtes-vous devenus et pour qui roulez-vous?

Et comment ces entreprises, autrefois modèles de l’entrepreneuriat familial français, ont pu basculer de ce côté de la finance?

Qui n’a pas remarqué que ces affirmations se sont généralisées depuis que la complémentaire santé d’entreprise est devenue obligatoire et imposable ? Chaque changement de contrat était auparavant inflationniste en ce qui concerne les garanties. Depuis 2012, le discours s’est complètement inversé, les assureurs arrivent en pays conquis et impactent, clairement, le pouvoir d’achat de millions de salariés. Une triple peine: la hausse des cotisations, la baisse des prestations, la cotisation soumise à l’impôt !

Nous parlons d’un attentat contre votre pouvoir d’achat !

Le contrat serait déficitaire ? Ne serait-ce pas la faute des coûts de fonctionnement du courtier (VIVINTER, GEREP, MERCER, GRAS SAVOYE, VERSPIEREN, GENERATION et j’en passe), les énormes profits des assureurs qui se cachent derrière eux (ALLIANZ, AXA, AG2R, GMC, GAN, MALAKOFF HUMANIS…), des plateformes (VIAMEDIS, SP SANTÉ ET ISANTE, ALMERYS…) et surtout des réseaux de soins, le plus grand scandale (SANTECLAIR, ITELIS, CARTE BLANCHE, KALIXIA), tous émanations des assureurs sus-cités: votre argent les intéresse au plus haut point !

Je vous le répète : intéressez-vous aux multiples logos présents sur votre carte de mutuelle: chacun vous coûte un pognon de dingue !

Salariés, jusqu’à quand allez-vous rester passifs? Non seulement vous laisser tondre, mais en plus, restreindre votre liberté de choix? Vous vous sentez seuls. Pour ces gens, vous représentez des milliard d’Euros !

Alors QUI se plaint? Le salarié qui a quelquefois du mal à boucler ses fins de mois? Ou l’assureur dont les têtes ont vu leurs comptes exploser pendant cet épisode du COVID?

Qui profite? Quel jeu jouent les syndicats, les DRH, les comités d’entreprise ?

La mutuelle est la seule cotisation présente sur votre fiche de paie n’étant soumise à aucun barème ni contrôle. Seulement le bon vouloir de gens qui s’arrangent entre eux. Et dont vous subissez les décisions.

En conclusion, votre parcours de santé ne doit pas être confié à des personnes qui peuvent flirter avec le conflit d’intérêt. Le choix de votre complémentaire santé d’entreprise doit être soumis à un vote de l’ensemble du personnel, préalablement informé par des sources diverses et avisées.

Imposez cela. Et vous verrez : les conditions et discours changeront comme par magie !

Les enseignants, la MGEN et les opticiens.

Chers adhérents MGEN,

Je suis opticien et je vous écris cette lettre car vous êtes pour moi une énigme.

J’ai été l’un de vos élèves, comme l’immense majorité de la population française. Ma scolarité fut plutôt un long fleuve tranquille, sans coups d’éclats mais sans tomber trop bas non plus. « Élève intelligent, peut mieux faire” fut l’appréciation qui m’a le plus poursuivi.

Je me souviens surtout de votre diversité; vous nous classez en bons, mauvais élèves, mais rassurez-vous, nous en avons autant à votre service, certains d’entre vous savaient nous faire évoluer, d’autres stagner, et de très rares avaient le fâcheux don de nous dégoûter de suivre leur enseignement.

Aujourd’hui, ma profession, obtenue après des études et sanctionnée, comme vous le dites, par un diplôme reconnu par l’Etat, donc fruit de votre enseignement, ma profession, donc, se demande comment vous avez pu rentrer dans un moule unique quand vous achetez vos lunettes.

Par quelle réthorique, quelle intoxication, votre mutuelle, la MGEN, a annulé votre libre arbitre, et a fait adopter à l’immense majorité d’entre vous une attitude unique, reconnaissable entre toutes?

Déjà, dès votre entrée dans une boutique, la question automatique: “travaillez-vous avec la MGEN”. Et là, vous avez deux catégories d’opticiens:
Celui qui n’a pas signé le fameux réseau, et qui sait que toute explication, tout argument (il faut savoir que votre réseau est “ouvert” et que ne pas y adhérer est un vrai choix) équivaut à pisser dans un violoncelle ou hurler vers les étoiles au milieu du désert.

Et celui qui a signé, mais pour qui vous êtes un abruti de client captif sans aucun esprit critique; qui sait que vous savez tout (ce que vous croyez, ce que la MGEN vous laisse croire…) et que, de toutes façons, il va vous coller la monture générique avec le verre générique conformément aux instruction de votre fameuse mutuelle.
Mais cet opticien, qui a quand même la fâcheuse impression de n’être qu’un ersatz en votre présence, va souvent s’épancher sur les groupes Facebook professionnels, et ses mésaventures se termineront souvent par “je vous laisse deviner qui est la mutuelle”…

Vous n’êtes d’ailleurs pas qualifié en client ou patient, tous les opticiens vous nomment « un MGEN ».

Evidemment, devant vous, il va bien se garder de manquer de politesse et d’égards. Quelques allusions en mode “private joke” seront réservées aux collèges dès que le logo MGEN sera présenté comme un sésame. Et puis, il a pour instruction contractuelle de “ne pas (vous) dénigrer le réseau”, même s’il sait que c’est la négation de son expertise. Heureusement qu’il y a tous les autres clients pour exprimer ses connaissances. Les connaissances, vous savez? Ce que vous vous donnez tellement de mal à nous inculquer dès notre plus jeune âge…

En fait, vous déniez à toute une profession sa diversité, ses originalités, refusez de voir avec qui vous vous entendrez, qui fera la preuve de plus de compétences, d’empathie, vous prendra en charge, vous convaincra. Ce que vous exigez de nous en tant qu’élèves, vous nous l’interdisez en tant que professionnels. Cette façon d’arrêter toute écoute, toute explication dès l’instant où nous vous répondons “nous ne sommes pas partenaires MGEN” est pire qu’une insulte, elle est une négation pure et simple de notre personne, vous êtes d’une violence inouïe, et je vous laisse imaginer ce que vous ressentiriez si c’est à vous que cela s’adressait.

A l’heure où la MGEN baisse encore vos prestations, tout en continuant à augmenter vos cotisations, où cet organisme refuse le tiers-payant aux opticiens hors-réseau qui pratiquent le 100% santé, ce qui est contraire à l’esprit de la loi; alors que le contrat “référence” s’est quasiment aligné sur cette disposition (vos garanties optiques d’aujourd’hui se rapprochant furieusement des bénéficiaires de la C2S, ex-CMU, bref, des citoyens qui n’ont pas les moyens d’avoir une mutuelle !).

Nous prions -laïquement- pour ne plus vous voir arriver dans nos boutiques en vous murant dans les certitudes que la MGEN vous a infusé pendant des années, mais comme des personnes ouvertes, curieuses, et faisant confiance surtout à ceux qui n’ont pas voulu signer une convention qui vous transforme en une proportion dans une part de marché et non comme en patient digne d’être conseillé dans une démarche technique et paramédicale de haut niveau.
Et laisser la MGEN retourner à sa mission: la redistribution de vos cotisations. Car n’oubliez jamais cela: votre mutuelle ne fait que payer vos prestations avec votre argent. Votre liberté et votre indépendance d’esprit ne sont pas des options.

Plutôt que de vous provoquer à nouveau, j’ai préféré une démarche pédagogique.

En espérant que cette démonstration méritera un 20/20 de votre part.

Les centres ophtalmos, plus c’est court, plus c’est bon !

Appelons cela un scandale. Une étude du Collège national professionnel d’ophtalmologie (CNPO) vient de mettre en évidence les dérives de ces nouveaux centres ophtalmologiques aux fréquences de consultations élevées.
Je pose ça là: https://www.20minutes.fr/sante/2820975-20200713-centres-ophtalmologiques-soupconnes-fraude-assurance-maladie

Drapés dans leur décennie d’études et le prêt du serment d’Hypocrate, des ophtalmologues plus businessmen que médecins ont mis en pratique la théorie qui consiste à réduire violemment la durée de la consultation (que j’estime en moyenne entre 20 et 30 minutes pour un examen de vue et médical de qualité) à quelques minutes.

S’appuyant sur une théatralisation qui rassure le patient (« ils sont bien équipés »… Si ils savaient les dégats de l’autoréfractomètre), ils ont installé des orthoptistes en batterie afin de leur pondre à la chaine les examens de vue. L’ophtalmo recopiera. Bêtement, mais avec un air inspiré, et signera un test pour lequel il n’est pour rien. Enfin, quand il est là et que sa signature n’est pas scannée dans le logiciel.

Les ophtalmos dédaignent depuis bien longtemps cet acte technique qu’est l’examen de vue. Un défaut de longueur de l’oeil: le toubib n’est pas garagiste. Pas assez médical à leur goût, ils ont préféré confier cette tâche à une profession dont la fonction première était la rééducation, alors que les opticiens étaient formés pour cela. Ce détournement de l’essence d’une profession paramédicale (définition de l’orthopsie par le Larousse: « Spécialité paramédicale ayant pour but d’évaluer et de mesurer les déviations oculaires, puis d’assurer la rééducation des yeux en cas de troubles de la vision binoculaire : strabisme, hétérophorie (déviation des axes visuels) ou insuffisance de convergence. »), les ophtalmologues ont définitivement fusillé la mort-née profession d’optométriste, tout en encadrant étroitement la pratique de la réfraction par les opticiens pour une raison très française: le prescripteur ne peut pas être le vendeur.

Oui, parce que vous savez: un médecin ne vend rien. Son désintérêt, sa distance à l’argent n’est pas à démontrer, et, disons-le, elle est naturelle. Le chirurgien esthétique qui gonfle un sein au silicone répare un biais psychologique, une détresse: il ne vend pas. L’ophtalmo qui botoxe sauve les couples, afin que Monsieur n’aille pas voir une plus jeune, loin de lui l’idée d’un bénéfice financier. La liste est longue. La dévotion est leur nature première, tout est fait pour réparer l’humanité.

Et ils sont infaillibles. En tant qu’opticien, je vous le dis: il nous est impossible d’appeler un ophtalmo et suggérer qu’il pourrait s’être trompé. On refait un examen au patient qui voit flou, on refait ses verres si une erreur est détectée, tout cela avec silence, respect et déférence envers celui qui s’est planté. Le temps passé, le travail refait, les verres commandés à nouveau, c’est pour Bibi l’Opticien: de toutes façons, le prochain rendez-vous est dans 6 mois. Le rapport entre l’opticien et l’ophtalmo est marqué au sceau d’une archaïque soumission. Pourtant, La notion d' »Erreur Ophtalmo » existe depuis belle lurette chez les verriers, elle n’a pas attendu l’ouverture des abattoirs de la vision. Mais nous en faisons un usage bien plus intensif qu’il y a quelques années.

Sachez-le: un ophtalmologue ne se trompe pas. C’est l’opticien qui centre mal les verres, ou qui n’a pas mis les bonnes corrections. Il lui arrive même de faire des ordonnances avec des corrections différentes avec un petit courrier à l’opticien lui intimant l’ordre de refaire le travail gratuitement, laissant entendre au patient que rien n’est de sa faute. Le Seigneur et le gueux.

Revenons à la notion vomie de prescripteur vendeur. Ce qui est la définition de la dichotomie. Et demandons-nous comment fleurissent des centres ophtalmo à proximité d’opticiens. Juste en face, ou carrément dans le même bâtiment, séparés d’une modeste cloison pour l’aspect légal des choses. Même dans des zones commerciales pour le moins hasardeuses. Hasard? Coincidence? Je vous laisse juger.

Et encore, on ne va pas rentrer dans tous les détails, comme les visites de commerciaux de ces centres chez les opticiens du secteur…

Quand cesserons-nous cette hypocrisie bien française? Chacun lorgne sur les revenus de l’autre, désigne le mouton noir, dans notre cas l’opticien, s’arrangent entre noblesse plus ou moins basse: les ophtalmologues et les orthoptistes. Et puis un jour, vous découvrez le jeu des ordonnances balladeuses depuis ces centres vers des boutiques d’optique où vous entendez dire que des ophtalmos sont plus ou moins associés, plutôt plus. Comme lorsque vous découvrez que la salariée d’un de ces centres ne pourra pas finalement faire vos lunettes chez vous parce que la prise en charge a été faite et facturée dans une boutique qu’elle ne connait pas, mais que s’en révolter reviendrait probablement à un licienciement…

Tout le monde s’accommode et s’arrange, tant que le business est sauf. Tout le monde baigne dans la fausseté, valide ce genre de hiérarchie, mais, finalement, il n’y a pas plus de vertueux chez les uns ou les autres. Dans ce pays où la médecine et l’équipement ne se paie pas, ou très peu, le patient peut sortir d’une consultation à 150€ de manière indolore: donnez-moi votre carte vitale, donnez-moi votre carte mutuelle, sont les mots magiques. Des orthoptistes monotâches qui y vont car bien mieux payés avec bien plus d’avantages qu’en libéral, même si leur job au rendement est abrutissant. Encore une fois, des réformes aux forts relents lobbyistes accouchent d’un monstre qui coûte très cher à chacun d’entre nous, mais, comme il n’est pas question de marge, nos associations de consommateurs intellectuellement handicapées ne se saisiront pas du sujet.

Ceux que l’on écoute jamais sont les supposés marchands: les opticiens. Mais ces derniers (dans tous les sens du terme) sont au contact du terrain tous les jours, ils risqueraient d’énoncer les vérités qui dérangent.

C’était tellement facile à prévoir. Trop facile?

Le Covid-19 flingue les réseaux de soins.

Pendant cette crise sanitaire, avez-vous remarqué la superbe absence des réseaux de soins?


Effectivement, rien n’est mieux de ne rien faire pour qu’on ne puisse rien reprocher. Et se faire oublier, afin de faire comme Picsou, nager dans son tas d’or sans en égarer une pièce.

L’un d’eux, Itelis, filiale d’AXA (les pauvres…) ont pondu une superbe idée : la paire de lunettes de secours Covid19 à 30€, aux frais de l’opticien.

D’autres ont suggéré l’achat par internet, cocufiant les boutiques d’opticiens partenaires qui voient depuis 2 mois leur trésorerie s’effondrer et les charges reportées s’accumuler, et, pour la plupart, supportant des loyers non annulés. Ces mêmes opticiens en boutique qui ont été si studieux lors des appels d’offres il y a 6 mois… Ils pensaient y jouer leur vie, mais c’est dans une semaine que nous la jouons tous, et la promesse volume contre ventes à bas coût sera, disons-le, impossible, avec les gestes barrière, les décontaminations, les distanciations: aujourd’hui, encore une fois, la calculatrice est de mise, et se libérer des carcans permettra de sauver la rentabilité et les emplois. Il faudra choisir entre les familles de nos salariés que nous faisons vivre et le salaire à 5 chiffres des quelques directeurs des réseaux parasites.

Mais soudain, je pose une question : les masques!

Ces tenants de la santé pour tous pour pas cher, ne parlant que des abus des autres, n’avaient-ils pas les moyens de fournir, dès le début de cette épidémie, des centaines de millions de masques à la population, prouvant ainsi que tout cet argent subtilisé aux assurés et aux professionnels avait, pour une fois, un sens.

Mais voyons… Les réseaux ne dépensent pas. Il donnent des leçons. Ils culpabilisent. Ils décident du déséquilibre économique de professions. Ils distribuent les bons et les mauvais points. Mais devant la plus grande crise sanitaire depuis des siècles, où sont-ils? À leur place, c’est-à-dire nulle part.

Leur rôle est juste d’aspirer de l’argent au passage des soins. Et de le garder. Et de se rémunérer grassement, si je peux me permettre cette image.

Les réseaux de soins, c’est, finalement, le vide. Leur existence ne tient qu’à notre stupidité, et à la corruption augmentée de l’ignorance des décideurs des complémentaires santé, qu’ils ont converti à leur religion: le cynisme.

Ils ne viendront au secours ni de la population qui est pour eux une variable, ni des professionnels qui ont pu croire un moment au bien-fondé de leur démarche. Mais notre profession d’optocien n’est pas belle par le volume mais par la qualité et le temps passé.

Aujourd’hui, et pour un moment, le volume sera absent de nos points de vente car pas gérable.

La seule solution est dont de retrouver la liberté tarifaire.

Envoyez vos lettres de résiliation aux réseaux de soins !

Prenez-en conscience.

MNPAF et Santéclair, mensonge et spoliation

Ma parole se fait rare. Je préfère l’utiliser quand l’indignation est trop forte, quand la goutte d’eau fait déborder le vase de ma tolérance.


Après tout, nous aurions pu créer le hashtag #metoo pour dénoncer les abus des OCAM sur le RGPD, les données de santé… Mais il y a des choses bien plus palpables, qui touchent directement l’assuré au portefeuille, tout en massacrant la crédibilité du professionnel de santé et sa capacité de conseil, ainsi que son honnêteté.


Donc, nous serions des marchands de tapis, et cette affreuse MNPAF une équipe de redresseurs de torts. Disons le: avec l’horrible MGS -notons que les deux sont sous la coupe de Santéclair- (la MNPAF ni la MGS n’ont plus rien de la dénomination « mutuelle », ils sont courtiers/financiers), peu d’OCAM m’avaient poussé aussi loin dans le dégoût.


Les faits.


Une patiente fidèle depuis ma création (professionnelle) appelle sa complémentaire santé, la MNPAF, et aimerait connaitre ses remboursements. Evidemment, bien qu’elle évoque des verres progressifs, on refuse de les lui donner, même à minima, en tous cas dans le panier B. Trop compliqué, comprenez-vous, pour ces cerveaux en bouillie détruits par la propagande, les formations, les endoctrinements. Mais on préfère lui parler des « lunettes toutes remboursées », et c’est vers ça qu’il faut évidemment se tourner face à ces opticiens pervers, tout est bien encadré et, surtout, gratuit !


Sauf que…

Cette patiente a droit à un forfait, faisons simple, global de 300€, sur lequel la MNPAF déduit les 0.09€ de la sécu dans le panier B. La MNPAF remboursera donc, dans le marché dit libre, 299.91€.


Dans ce qu’il est convenu d’appeler le panier A, le 100% santé, la part sécu monte à 37.80€ sur un forfait plafonné de 210€ (dans le cas de cette patiente). La MNPAF participe donc à hauteur de 172.20€, soit 127.71€ de moins que le panier B.


Une économie de 42% pour l’OCAM dans ce cas. Sans compter le passage de la dame dans les moches montures Nocle à 30€ fortement préconisées, dont Santéclair est assuré d’écouler 1.200.000 pièces de cette résine infâme durant 4 ans, avec son complice Pierre Bondet qui ne sert plus qu’à exister minablement dans ce cirque. Deliquescence. La vieillesse est, décidément, un naufrage.


MNPAF, on parle de marchands de tapis que nous sommes? Vous nous battez à plates coutures.


Des assurés vous appellent afin d’être orientés; vous leur mentez par délivrance d’informations partielles et biaisées, et vous les spoliez.


Correspondants MNPAF, derrière votre petit bureau, votre petit téléphone, vous êtes vraiment minables. Avec vos supérieurs: responsables et coupables.


Opticiens partenaires Santéclair, vous ne valez guère mieux. Patrons et salariés, tous dans le même sac. Voilà comment vous conquérez vos patients, sur la tromperie et le mensonge.


Aux pouvoirs publics: cet exemple montre définitivement qu’avec le 100% santé, les réseaux ne servent à rien. Je vous ai sorti un exemple parce que c’est celui de trop. Mais ces discours sont malheureusement courants, nous les entendons au quotidien.


Ma patiente s’est faite abuser par la MNPAF. Elle peut utiliser le hashtag #metoo ou #balancetonocam. En France, ils sont des millions à être désinformés pour coûter moins.
La MNPAF ment et sert la finance. Ce qui est étonnant, c’est qu’elle est soutenue par des syndicats (CGT en particulier) plutôt connus pour défier tout cela et s’en méfier, ces mêmes syndicats capables de bloquer le pays pour contester la retraite par points, mais s’accordant pour livrer la santé aux financiers les plus impitoyables.


Tout cela profite forcément à quelques uns.Mais à qui?


Ceux qui ne veulent pas nous entendre ne le font pas innocemment.


Tous complices?


Réfléchissez-y…

Krys ou l’assistance respiratoire.

Mes amis, mes chers confrères,

Comment ne pas s’étouffer devant cette communication interne à destination des opticiens « associés » Krys?

Souvenez-vous de la photo de Monsieur Champion, toutes dents carnassieres dehors, en pleine AG 2019, son visage offensif surmonté de la fabuleuse formule « concourir pour adhérer aux réseaux de soins ». Ou quelque chose comme ça.

Cet objectif alors que nous avions tous les détails du 100% santé, accompagné de la baisse des plafonds montures de 50€.

Sans honte ni peur du ridicule, la direction de Krys conseillait alors de cumuler les prix bas d’un dispositif d’état avec les marges ridicules des réseaux de soins.

En gros, pour tout entrepreneur normalement constitué muni d’une calculatrice à 50 centimes chez Aliexpress, tuer la création de valeurs.

Il n’était pas difficile de prévoir que ce cocktail, associé aux royalties des enseignes, et à toutes les obligations, serait un bâton de dynamite au sein des trésories. Et pour les accrocs aux réseaux, découvrir avec douleur à quel point ils sont fragiles.

Pas difficile, sauf pour le « capitaine » Champion, qui sait, lui, que le cumul de chiffres d’affaires rapportera la même chose à l’enseigne, quelle que soit la marge dégagée.

Je commenterai un minimum le document que je vous livre à tous, Guildiens ou non. L’insulte consistant à rajouter des intérêts aux royalties, afin de bien expliquer qui tient les robinets de la respiration artificielle, et qui pourra les tourner afin de couper l’oxygène.

Alors: incompétence ou trahison?

Combien faudra-t-il de renoncements, d’appels à la soumission, d’humiliations, pour enfin tirer les conséquences ?

Combien de leçons non retenues par lâcheté? Je le dis à ceux qui vont recourir à cette pseudo-aide: votre vision trop court terme, l’immédiateté, la satisfaction de voir le client pousser la porte coûte que coûte, à n’importe quelle condition, vous a mené là.

Tout cela car vous avez cru avoir des oracles devant vous, les avez considérés comme des évangiles, buvant leurs paroles, abandonnant tout esprit critique, démissionnant de toute réflexion. Et que la contestation était implicitement interdite.

Associés, vous dites. Ils pretendent. Fusibles, j’affirme.

Quand vous réveillerez-vous? Reprendrez votre présent en main, fermement, rétablirez votre autorité au sein de vos affaires ? Il ne devrait pas y avoir d’autre capitaine que le capitaine. L’autre est un imposteur. Seul celui qui investit est le maître. L’autre usurpe. Il vous faut encore des preuves?

Combien de parasites virevoltent autour de notre profession ? Ils sont inutiles et vous acceptez un transfert de vos richesses, un hold-up organisé. Or, les compétences, c’est vous qui les avez. Les investissements, vous les avez faits. Qui sont ces autres qui vous envoient dans le mur, alors que tout était prévisible? En tous cas pour nous qui n’avions rien à vous prendre.

Pendant cette période d’accalmie forcée, prenez le temps de réfléchir. C’est une chance, saisissez-là. Encore quelques jours pour que cette anesthésie ne se transforme pas en euthanasie.

Confraternellement vôtre.

Opticien ou le délit de sale gueule.

J’exerce ma profession d’Opticien depuis plus de 30 ans.

Je vous le dis: je fréquente les réseaux sociaux et suis atterré par le niveau de certaines questions que posent mes confrères. Des questions que nous aurions eu honte de poser, du temps où nous étions 150 par an à obtenir notre droit d’exercer.

Est-ce de notre fait si les pouvoirs publics ont décidé de multiplier par 20 le nombre de diplômés par an? Est-ce cette errance de l’Etat que nous devons payer alors que beaucoup ont dénoncé, avec stupeur, cette dilution de la qualité de la formation dans la quantité d’opticiens sur le territoire, provocant un tsunami annuel?

Alors que nous tapons du pied depuis 2 ans sur cette mesure 100% santé, où l’Optique-Lunetterie a été la profession sacrifiée, trop d’opticiens s’étonnent, pris par surprise, posant de nouvelles questions idiotes, alors que beaucoup d’entre nous n’ont fait qu’alerter, criant le plus fort possible afin de réveiller les consciences. Dans ma profession, informer est un défaut, beaucoup auraient vendu des sacs de patates si les mutuelles n’avaient pas existé, exactement de la même manière. Ne rien entendre, nier l’information, dénigrer ceux qui la donnent. Pour ceux qui travaillent en enseigne, préférer la dérive sectaire qu’on leur impose et abandonner la liberté de penser.

Alors oui, le niveau de la profession s’est dégradé singulièrement depuis une quinzaine d’année, formant une armée de petits soldats plus aptes à saisir une prise en charge qu’à étudier scrupuleusement les besoins visuels, une grande partie d’entre eux définitivement anesthésiés, et pour longtemps, par le système abrutissant des réseaux de soins, répétant à l’envi que, quelque soit la façon d’exercer, “nous sommes tous opticiens”.

Ce qui nous vaut, aujourd’hui, une singularité: quand on veut parler de lunettes dans les médias, l’invité principal est Paul Morlet, titulaire d’un CAP d’électricien, qui a monté des dizaines de boutiques d’optique déficitaires avec les moyens illimités de son mentor Xavier Niel. Incroyable, non? Toutes les enseignes devraient en prendre de la graine: la prime est donnée à celui qui déclare des prix nets qu’à celui qui annonce de fausses remises (suivez ma pensée) ou qui promet zéro dépense. Nous nous sommes discrédités seuls, et pire, les opticiens se refusent de retenir les leçons du passé, et d’en tirer les conséquences.

Mais, vous l’avez compris, je voulais en venir à cela: ces dérives n’excusent pas ce que le législateur nous fait subir depuis plusieurs années. Plusieurs lois, dispositions, sensées faciliter l’accès aux soins, stigmatisent notre profession et seulement notre profession, ces lois concernant à chaque fois la chirurgie dentaire, l’audioprothèse et l’optique.

La loi Leroux, ignoble dans son contenu, votée sous l’influence d’un conflit d’intérêt que seuls les aveugles ne veulent pas voir, nous font subir les remboursements différenciés et les réseaux fermés. Ce n’est le cas ni des dentistes ni des audioprothésistes.

Et maintenant, le 100% santé fixe des tarifs très bas (nous dirons une moyenne de coût d’équipement complet à 200€ contre 2400 pour l’audioprothèse, différence arbitraire autant qu’injustifiée), dérembourse le patient si il choisit un équipement plus onéreux (le patient en audioprothèse garde son forfait si il choisit librement son équipement et ne paiera que la différence), nous oblige à fournir un devis normalisé juste délirant, pouvant atteindre 5 ou 6 pages, avec moult détails inutiles, imposant la présentation de l’offre 100% santé même si le porteur ne veut pas en entendre parler… Il faut voir ce devis pour le croire, il est une caricature de la bureaucratie à la française, l’inverse du “choc de simplification” que nous promettait le Président précédent, une aberration écologique. Les dentistes n’auront pas à le faire.

La vente de lunettes est, ainsi, en France, une exception mondiale, qui fait pouffer de rire nos confrères étrangers, s’étrangler les industriels et éditeurs de logiciels, la rendant aussi complexe et normée que l’achat d’une maison, nécessitant paperasses, cachets (pour la migraine également) et signatures de toutes les parties.

Deux mots me viennent à l’esprit: discrimination, ségrégation.

Pour autant, si on peut penser que la profession mérite ce que je considère comme des sanctions, au vu de la communication lamentable, des offres délirantes et de certaines pratiques, jouant sur la crédulité pour un produit de première importance; l’argument primaire  “Il faut faire rentrer le client” étant le leitmotiv des grandes enseignes et des “équipes” endoctrinées.

Pourquoi l’Etat n’a pas profité de l’occasion du 100% santé afin de nous obliger à rentrer au forceps dans le monde paramédical en réglementant la publicité, et surtout sanctuariser l’offre dite “Panier A” en interdisant toute communication ou publicité la concernant? On préfère donc nous imposer des machines à gaz – pourquoi pas, c’est une habitude française de rendre les choses étonnamment compliquées afin d’aboutir à un résultat que les professionnels maîtrisent par leur savoir et leur expérience – mais prendre les décisions simples qui sautent aux yeux de tous semble hors de portée, comme le bon sens.

Une petite remarque d’ailleurs aux audioprothésistes, en passant. Aller prétendre que votre profession est plus utile que l’Optique est mensonger.  Certes, vous avez eu l’intelligence, jusque là, de protéger votre formation, conserver sa qualité, sa rareté, et, en cela, je vous félicite. Mais de grâce, n’oubliez pas que 80% des informations arrivent au cerveau par les yeux, et que la perfection du produit lunettes, considéré comme un complément du système visuel de haute technologie, est aussi noble que la qualité du produit audio. Aussi utile. Et, quand on en a assez de votre attitude quand vous nous dénigrez devant les assureurs afin de préserver votre pré-carré, vous nous rappelez à l’ordre en brandissant l’ennemi commun que sont les réseaux. Mais à ennemi commun, combat commun: vous ne vous grandissez pas en nous rabaissant, et votre situation sera très bientôt, bien plus vite que vous ne le pensez, semblable à la nôtre. L’audioprothèse sera vulgarisée comme l’optique l’a été. Nous sommes vos éclaireurs, en précipitant notre chute, vous préparez votre accélérez votre descente aux enfers. Seul votre temporaire faible nombre vous permet encore de faire céder les réseaux, qui ne vous respectent pas plus que nous, et attendent le moment de vous abattre. Et vous n’y pourrez rien.

Enfin, je suis surpris du débat actuel: transmission des ordonnances et des codes LPP. Je ne me demande pas comment, mais bien pourquoi l’Etat ne fait pas, simplement, respecter la loi, et rappelle fermement aux OCAM leurs obligations. Ces entités sont dans l’impunité la plus totale, je le demande: l’Assemblée votera t’elle en conscience et sans honte une nouvelle Loi Leroux, aussi immonde, afin de mettre la législation en conformité avec des pratiques délictueuses, comme cela a été fait, de l’aveu écrit de députés, afin de “sauver la MGEN hors-la-loi » (et qui continue à pervertir la nouvelle mesure en refusant le tiers-payant sur la panier A)? Elles ont déjà eu le droit de laisser, une fois de plus, s’envoler les cotisations, au mépris du souci de la ministre. Jusqu’à quand vont-elles se comporter en état dans l’état, profitant à l’infini de la mansuétude coupable des pouvoirs publics.

Les opticiens en ont juste assez d’être les pestiférés des professions de santé, réclament pour leur immense majorité la fin des remboursements différenciés, que les mutuelles ne se prennent pas pour un pseudo-ordre ou organisme de contrôle donc ils se sont octroyés arbitrairement le rôle, et d’être sous la seule autorité du seul organisme impartial qui soit: la Sécurité Sociale.

Les audioprothésistes prennent soin de vous.

En 48 heures, j’ai eu des nouvelles des audioprothésistes par… les enseignes d’Optique.

D’abord, un audioprothésiste d’Optical Center, lors d’une pub télé, reçoit un homme nouvellement appareillé et lui explique qu’il est là pour prendre soin de lui.
Mais qu’avec l’achat de son appareil, il aura une paire de lunettes gratuite.

Aujourd’hui, le média Acuité nous apprend que la chaine Audio2000, extension d’Optic 2000, entreprend une information ambitieuse sur les acouphènes.
Le même Optic 2000 dont le leitmotiv sur les lunettes est “venez et ne payez rien”.

Les audios, emmenés par leur syndicat l’UNSAF, n’ont comme axe de communication que le paramédical, le professionnalisme. L’empathie, l’accompagnement, la lutte contre l’enfermement sur soi qui a pour résultat la sénilité. Bien entendre, c’est bien vivre. L’audioprothésiste est là afin de “take care of you” (prendre soin de vous). Bien entendre, c’est bien vivre, bien vieillir, connecter avec son entourage, ses petits enfants.

Et cela n’a pas de prix.


Mais dites-moi… En quoi mal voir est-il moins handicapant que mal entendre?
Pourquoi les opticiens ne parlent que d’argent, ou plutôt de gratuité, alors que les audioprothésistes ne parlent que d’amélioration de qualité de vie?
Une personne à qui on annonce une DMLA a-t-elle comme réaction “tant que j’entends bien…”.?
Un grand lecteur est-il heureux de ne plus pouvoir lire? Une personne âgée de ne plus pouvoir regarder correctement la télé? Ou de ne plus pouvoir conduire prématurément, alors que cette mobilité est ressentie comme liberté et autonomie?
L’un est-il plus important que l’autre? La réponse est non. Les deux sont essentiels. Les deux font partie de la santé, de nos 5 sens. Et ne l’oublions pas: l’immense majorité des informations reçues par notre cerveau provient des yeux.

N’y a-t-il pas de notion de qualité, de confort, de personnalisation dans notre profession ? De recherche de besoins afin d’arriver au meilleur choix d’équipement? Nos catalogues verres sont devenues de vraies bibles, aux multiples choix de matériaux et géométries. Je connais mal la profession d’audioprothesiste, mais peuvent-ils en dire autant?

Alors… À quoi jouent les opticiens? Pourquoi dénigrer, simplifier ?

Après avoir pulvérisé la réputation de leur propre profession, les voilà qui s’emploient à donner à l’audioprothèse la plus belle des images.
Et si ils peuvent rabaisser celle de l’optique afin d’y parvenir, ils ne vont pas être avares de leurs efforts et, encore une fois, leur imagination risque de nous laisser pantois.

Le 100% santé a été un échec pour les Opticiens, un succès pour les audioprothésistes. Pour les enseignes, l’audioprothèse est le nouvel Eldorado à conquérir. Une vraie marge en Euros, des réseaux de soins cléments: l’objet lunettes est sacrifié, ses fonctions oubliées; on sait où aller chercher la marge disparue. D’ici que les deux marchés se mélangent, ainsi que les facturations… Les vieilles habitudes ont la vie dure.

Tout flatteur vit au dépens de celui qui l’écoute. Je serais les audios, je me méfierais des trop bonnes dispositions de ces renards d’opticiens et de leurs enseignes. La marge de l’audio servirait de palliatif? De bouche-trous? Le 100% santé sera soumis à bilan. Les écoles d’audio commencent à fleurir: d’ici 10 ans maximum, le numerus clausus ne sera qu’un souvenir, les réseaux vont augmenter la pression, si les opticiens continuent à leur permettre d’exister.. Quand aux voeux des assureurs de se passer des audios et de tout contrôler à distance, ce n’est pas de la fiction.

Ce sera l’Optique et l’Audioprothèse. Les deux ensemble, ou aucun des deux. Il faut penser les uns avec les autres. Nos professions sont soeurs, mais ne doivent pas se mélanger, pas dans la situation actuelle. Dans la façon de présenter son métier et son savoir-faire, je préfère de loin les audios.

Mes amis audioprothésistes, à court terme, les vertueuses manières des opticiens à votre égard vont s’envoler. Les enseignes ne raisonneront non plus en valeur mais en parts de marché. Communiqueront en fonction de cela, et, après vous avoir endormi en vous mimant à l’extrême, la grande braderie commencera. Vous pouvez encore arrêter leur folie, mais il faut faire vite et être fermes.

Cette leçon vaut bien un fromage, sans doute…