Le cocasse Éric Chenut

La Mutualité Française ne cessera jamais de nous étonner.

Après le mandat cauchemardesque de Thierry Beaudet, l’institution n’a rien trouvé de mieux que de nommer un lèche-bottes rampant: Éric Chenut.

Invité par les médias pour lesquels vous et moi payons une discutable redevance, voilà qu’il bave son fiel sur les opticiens, les accusant de tous les maux (mais ça, on a l’habitude et nous avons le cuir épais), en particulier de la faible proportion de lunettes chinoises 100% santé vendues dans nos boutiques.

Deux solutions : soit il est bête, soit il ment sciemment par omission. Je n’hésite pas et choisis la seconde solution. Monsieur Chenut n’a que très peu parlé de l’audioprothèse, et pour cause: bénéficiant d’un forfait de 1900€, les audioprothésistes n’ont pas eu à se faire prier afin de trouver des vertus à la réforme. D’autant plus que pour eux, le montant remboursé pour le marché dit libre est bien souvent inférieur à celui de ce qui est convenu d’appeler le panier A.

Sans oublier, Monsieur Chenut étant d’une naïveté sans bornes, que de nombreux opticiens sans scrupules se sont diversifiés et se servent de cette manne afin de fournir en solaires de luxe les clients les plus voyous.

De quoi booster les stats: le 100% santé en audio permet aux vrais pros de vendre du vrai matériel de qualité, et aux escrocs de se gaver. À fond les manettes, donc.

Alors, Monsieur Chenut, pour parler franc: qu’est-ce qu’il y a de bandant pour un opticien à vendre des lunettes 100% santé ? Des montures à 30€ (dont TVA à 20%), et des verres blancs anti-reflets sur lesquels toute option supplémentaire est interdite sous peine de sortir du cadre. En tant qu’opticien, je vous l’affirme, rien d’excitant.

Ce qui vous embête, Monsieur Chenut, c’est que, en optant pour le panier libre, la sécu ne rembourse plus que des clopinettes, et vous devez payer les garanties pour lesquelles vos sociétaires cotisent. Et, ça, c’est pas rentable. Bon, je sais : la Mutualité s’en fout du blé et a banni le terme odieux de bénéfice de son vocabulaire. Mais quand même, de là à rendre les conseillers de vos structures des menteurs, conseillant les porteurs à exiger les lunettes 100% santé quand le remboursement est meilleur dans le marché libre, il y a escroquerie, et nous nous faisons un plaisir de le démontrer à nos clients.

Monsieur Chenut, décidément jusqu’au boutiste, souhaite donc des sanctions aux opticiens qui ne vendraient pas assez de 100% santé. Quel homme courageux ! Alors, pour faire bon poids, notre collectif propose des sanctions pour les mutuelles:

– Qui ont vendu pendant des années des contrats au ticket modérateur aux personnes en ALD, en particulier âgées, à des tarifs hors de prix pour toucher des remboursements avoisinant 0€,

– Qui maintenant créent des contrats non-responsables afin d’arriver au même résultat et ne pas rembourser le 100% santé (comme la MNH par exemple),

– Qui expliquent aux assurés lors d’appels afin de connaître leurs garanties, d’exiger des lunettes 100% santé alors que les garanties « libres » sont meilleures, ceci leur assurant des économies substantielles,

– Qui prennent comme pretexte le 100% santé pour justifier les « évolutions de cotisation », alors que le gouvernement a prouvé que c’etait absurde, faisant quand même une sacrée mauvaise publicité à une réforme qu’ils défendent ardemment, la main sur le coeur,

– Qui ont augmenté les cotisations de manière stratosphérique depuis plus de 10 ans, impactant le pouvoir d’achat, avec chaque année une raison différente,

– Qui détournent les clients/patients vers les réseaux de soins,

– Qui refusent de donner aux clients leurs garanties, pour lesquelles ils paient chaque mois, arguant de la complexité des grilles depuis les contrats responsables alors que ça n’a jamais été aussi simple (3 gammes de verres: simples, complexes, hypercomplexe. QI nécessaire :2),

– Qui endoctrinent les conseillers téléphoniques, qui se permettent de donner des conseils sur des sujets sur lesquels ils sont ignorants, ce fonctionnement lobotomisant étant à la limite de la dérive sectaire,

– Appeler les bénéfices des mutuelles des bénéfices. Et publier les comptes.

– Qui utilisent les plateformes de tiers-payant et les réseaux de soins pour imposer des prix inférieurs aux garanties souscrites,

– Qui attaquent les opticiens pour des factures bidonnées mais laissent bizarrement tranquilles les adhérent alors qu’ils sont forcément complices,

– Qui ont fait disparaitre les garanties « lentilles » sur certains contrats (Mutuelle Familiale) en invoquant la réforme 100% santé, qui n’en fait nullement mention. Un mensonge de plus.

J’arrete mais je suis sûr qu’il en manque.

Monsieur Chenut, lors de votre prochaine intervention, ayez le courage de proposer que l’un d’entre nous vienne vous apporter la contradiction, en mode débat démocratique.

Alors, on joue ?

De la défiance des ophtalmologues vis-à-vis des opticiens

Une étude récente démontre que la majorité des ophtalmos a une mauvaise opinion des opticiens.

Cette situation devrait, certes, nous interpeller, vu l’image mercantile voire tricheuse que la profession ne cesse de renvoyer, loin de l’idée que nous pourrions espérer d’une spécialité paramédicale.

Cela dit, cette étude me fait sursauter, les ophtalmos ne manquant pas de culot.

Depuis que nos professions cohabitent, les ophtalmologues ont voulu garder la quasi-exclusivité de l’examen de vue, nous laissant les miettes. Depuis que nos professions cohabitent, nous changeons gratuitement les verres quand ils se plantent. Le problème, c’est que l’ophtalmologie à l’ancienne est en train de disparaitre, que la demi-heure minimum dans le cabinet est en train de passer à quelques minutes, que la technologie est en train de remplacer l’humain. L’ophtalmologue s’est désintéressé de la réfraction (l’examen de vue), acte trop trivial et pas assez médical, mais voulant le préserver comme sa chasse gardée afin de préserver le flux de petients, tout en le laissant exécuter par un orthoptiste ou un opticien, en cabinet, mais validant les résultats sans même contrôler, sa signature étant quelquefois un fac-similé. Finalement, dans l’un de ces nouveaux centres où l’intervalle entre 2 rendez-vous est de 15 minutes maximum, l’entrevue avec l’ophtalmologue excède rarement les 3 minutes.

Remarquez, c’est moins pire que dans les cabinets où les ophtalmologues officient seuls. Là, c’est plus simple, une chaîne d’appareils qui en mettent plein la vue – « il est bien équipé » rapportent nos clients ébahis – permettent un examen complet en une minute chrono. L’avalement de la carte vitale puis de la carte bancaire prennent le plus clair du temps de la consultation, souvent au tarif dopé (étonnamment, ce sont dans les cabinets prenant soin de leur patientèle que les honoraires sont modérés). Toutefois, nous constatons des patients désemparés, des avis Google avoisinant les 1 étoile alors que, et nous pouvons en être fiers, les opticiens sont plutôt bien notés.

Techniquement, tout cela est une catastrophe. Entre l’accomodation réflexe lors de la pose du menton sur l’autorefractomètre, souvent précédé du souffle d’air surprise du tonomètre administré sans prévenir la seconde d’avant, puis une vérification au pas de charge, les surcorrections myopiques chez les jeunes sont un vrai poison. Et je n’ose imaginer les dégâts chez les jeunes enfants.

D’où des erreurs de plus en plus fréquentes, pour lesquelles aucun ophtalmo n’a jamais reçu la moindre facture d’un opticien, les fournisseurs ayant remplacé des conditions commerciales qu’on aimerait bien récupérer par un quota de risques admis, finalement, par la profession, comme un fait accompli.

Oui, Mesdames et Messieurs les ophtalmologues, nous payons vos imprécisions à hauteur de 4 à 10% de nos factures verres. Donc, la mauvaise image que vous avez de nous, je n’ose exprimer poliment ce que j’en fais. Nous vous payons vos vacances. Et refaisons le travail 2 fois. Non, nous n’avons pas d’assurance. Et à part ça, juste en passant, nous payons nos Ryser et nos Press-on, et ce n’est pas cadeau.

Parce qu’il faudra bien qu’un jour, vous vous rendiez compte qu’on a coupé la tête au Roi, il faudra bien cesser cette relation de souverain à vassal. Autant je trouve que les opticiens qui s’aventurent dans la pathologie devraient s’inscrire enfin à la fac de médecine et subir les 10 ans d’études nécessaires. Autant vous devez admettre que les techniciens, c’est nous, que vos tampons indiquant les références des verres sur l’ordonnance sont ridicules parce qu’ils sont la plupart du temps à côté de la plaque et que vous utilisez souvent celui du dernier visiteur à vous avoir rendu visite; et qu’il serait temps, soit de vous remettre sérieusement à l’examen de vue, soit accepter que nous le pratiquions librement puisque vous n’avez plus envie de le faire.

Il faudra bien trouver une solution moderne et efficace (à l’opposé des autorefractomètres, la pire invention qui soit). Vous n’avez pas confiance en nous, mais pour notre part, lire certaines ordonnances nous donne souvent des sueurs froides. Et selon les provenances, nous savons déjà que l’équipement sera à recommencer. Il n’en reste pas moins que ce genre de sondage est malvenu, il méritait une réponse.

L’audioprothèse Lavoisier

Vous connaissez la fameuse citation d’Antoine Lavoisier: « Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme ». L’opticien français, depuis le 100% santé a réussi à transformer les oreilles en yeux, autrement dit l’appareil auditif en lunettes, de marque de préférence, de soleil si affinités. Un magicien.

La tentation était grande. La baisse des forfaits optiques et la cotation a minima des lunettes 100% santé, accompagnés du prix stratosphérique des prothèses auditives du même dispositif, ne pouvait que donner des idées à beaucoup de mes confrères. Ce qui est fou, c’est que tout cela était bien plus que prévisible, car c’était sûr et certain. Quand on voit les mots « audio » fleurir sur des enseignes d’optique improbables depuis janvier 2021, on comprend vite que la notion de la prévention de la sénilité dûe au déficit auditif n’est pas le souci premier. Surtout quand on a 20 ans et qu’on ressort avec la dernière Chanel solaire.

Ma profession est dans son déni habituel. De collège Théodule en pétition, on veut cultiver une blanche apparence tout en ne voulant pas avouer le noir du contenu. On réclame des droits en tant que professionnel de santé tout en laissant les magouilles prospérer et s’amplifier. Nous ne ressemblons à rien, nous ne sommes pas crédibles.

Enfin, après avoir pourri leur propre profession, les opticiens s’affairent désormais à en massacrer une autre. Prendre un forfait de 1900€ pour financer 500 (déjà avec une marge) et en garder 1400, voilà de belles opérations. Un vrai booster de croissance, un avion à réaction supersonique. Il est des opticiens qui doivent prier Saint Macron tous les matins, et je peux comprendre que pour eux, le problème des remboursements différenciés est anecdotique, d’où peut-être le je m’enfoutisme de nos syndicats sur le sujet. Dans le cas d’un porteur ayant le 100% santé, cette mesure ô combien sociale vient, par ce tour de prestidigitation et la bienveillance du cousin ORL, d’être boostée de 1500% en moyenne, passant d’un forfait moyen de 150€ en lunettes à plus de 2000€ si on cumule tout. Enfin, 650 car l’opticien garde 1400 pour lui, faisait sans doute payer sa prise de risques !

Mais on le sait, l’escroc vous expliquera que c’est pour le bien du porteur, trouvant la part laissée au forfait lunettes bien faible, et saura s’ériger en redresseur de torts face à cet Etat bien pingre.

Ceux qui diront la célèbre phrase chez les opticiens « nous ne faisons pas le même métier », je leur oppose la réalité: ils ont un agrément, pignon sur rue, et ce sont bien, pour le consommateur comme pour la loi, des opticiens et, maintenant, des audioprothésistes ! Ceux qui travaillent à proximité perdent de nombreux clients (arrêtez avec le mot patient: tant que nous les toléreront, nous ne sommes en rien des paramédicaux) en souffrent et se voient même menacés si ils osent s’élever contre eux, dans le silence de tous les autres.

Si je n’ai pas donné le nom de l’opticien qui a bénéficié de ce commentaire, c’est parcequ’ils sont nombreux à pratiquer de la sorte. Nous sommes désormais bien loin du pompage du forfait lentilles. Quand on attaque en plus les possibilités d’une autre profession, alors il n’y a plus aucune limite.

Les lunettes de luxe à la Française… Ou quand l’argent n’a pas d’odeur.

Jeune opticien, j’avais sollicité l’implantation de la marque Dior.

À l’époque, nous vendions nos lunettes de manière traditionnelle, le remboursement n’était pas invoqué. Les clients/patients venaient choisir, avec leur budget, pouvaient avoir un coup de cœur et, ainsi, payer plus que prévu.

Quelques années après, je me suis rapproché de la même marque après l’avoir arrêtée. Et là, ce ne fut pas la même histoire. Photos de la boutique, envoi à la maison mère pour voir si je méritais l’ouverture de compte, minimum d’implantation mettant un gros coup à la trésorerie, envois automatiques avec des couleurs discutables, et, bien souvent, en décembre, je voyais débarquer le commercial pour faire le point et atteindre le quota imposé.

Sur cette deuxième période, quelque chose avait changé : les mutuelles étaient devenues très généreuses, et nous savions que nous allions vendre.

Depuis le resserrement des garanties, je suis pour le moins surpris de voir le nombre de boutiques dans des endroits fort étonnants, collectionner les « grandes griffes ». Comment, je vous le demande, à Nanterre, Pierrefitte, Stains, Saint-Denis, Paris 20e, 18e, Mantes, liste non exhaustive, trouve-t-on des boutiques d’optique cumulant 4, 5, 6 grandes griffes, donc des centaines de montures à acquérir chaque année aux prix de vente entre 250 à plus de 500€?

Comment expliquer les murs de solaires hors de prix, bien souvent plus nombreuses que les optiques? Des solaires « de luxe », qui ne sont manifestement pas à la portée de la bourse de 90% des habitants de ces quartiers, sans dénigrement aucun. Tout cela contenu dans des « bouclards », et je pèse mes mots, dont ni l’emplacement, ni les codes d’agencement, ni la surface, ni la façade, ne sont en accord même de très loin avec l’image d’exception que prétendent renvoyer ces marques ?

Savez-vous que, ces derniers jours, Dior vient d’augmenter le prix de l’un de ses sacs iconiques, car trop vendu, il perdait sa rareté? Je mets en parallèle la folie de la vente des solaires Dior So Real, il y a quelques années, modèle recherché par trop de nombreux opticiens, devenu vulgaire tellement il était devenu commun.

Alors, comment en est-on arrivé là ? Vous l’avez compris, ces lunettes ne se paient pas. Une minuscule minorité d’acquéreurs sortira sa Carte Bancaire. Le moyen de paiement est la Carte Mutuelle, bien plus puissante, et la facturation abusive tourne à plein. À moins qu’on m’ait caché les cars de touristes chinois et russes à La Courneuve ou à Aubervilliers…

Certains marchands ne se cachent pas. Sur Tik Tok, Instagram, la proposition est on ne peut plus explicite : envoie-moi ta carte mutuelle par mail, tu auras tes solaires de marque gratuites !

Et tout cela, les commerciaux le savent. Et tout cela, les fournisseurs le savent. Et ce n’est pas rien: aujourd’hui, ces lunettes de grandes griffes sont désormais distribuées pas les maisons mères : Thelios et Kering, autrement dit LVMH et anciennement Pinault-Printemps-Redoute!

À moins que dans les semaines qui viennent, un démenti cinglant vienne me contredire, sous la forme d’implantations de boutiques Chanel, Dior, Gucci dans les zones franches de nos quartiers défavorisés, sur le modèle de celles de l’Avenue Montaigne, j’affirme que c’est bien d’un scandale dont nous sommes spectateurs. Et ce que j’affirme aussi n’est pas moins grave, dans ces quartiers, la vente « normale » de solaires est devenue rare voire nulle, les opticiens ne pratiquant pas de la sorte voyant ce marché disparaître, totalement capté par les boîtes à factures.

Les solaires des grands couturiers devraient être exclusivement vendues dans leurs boutiques, Louis Vuitton a donné à ce sujet un exemple vertueux. Celui ou celle qui en veut une doit sortir sa Carte Bancaire et la payer: elle n’en aura que plus de valeur, et aura un caractère d’exclusivité. Le luxe à 0€ est un ridicule snobisme. Le vrai marché des solaires chez l’opticien doit être celui des lunettes correctrices ou techniques. Vuarnet, Serengeti, Maui Jim, Randolf, sont le vrai domaine de l’opticien.

Le temps est venu que les fournisseurs cessent cette complicité involontaire. Si on peut présumer l’ignorance en haut lieu, les commerciaux de terrain savent très bien ce qu’ils font, et comment les marques sont dévoyées, comment ils évitent soigneusement des boutiques éthiques, préférant là où le volume sera assuré, peu importe la manière et les chemins tortueux empruntés. Vous l’avez compris, je suis, peut-être un peu ironiquement, pour la sauvegarde de l’image du luxe, que le client qui a les moyens de se le payer aille le chercher aux endroits où il sera valorisé.

La complainte de l’Opticien

Tu m’as donné le bac alors que j’étais un élève moyen,

Mais cela ne m’a pas suffi.

Dans ma famille on me disait « va en optique, il y a les mutuelles »,

Alors j’ai suivi.

Tu as rendu facile le diplôme d’opticien, alors j’y suis allé et je l’ai obtenu,

Mais cela ne m’a pas suffi.

J’ai bossé un an chez un patron pas très net, il m’a appris toutes les techniques sauf celles de l’optique, 

Mais cela ne m’a pas suffi.

J’y ai appris des vertes et des pas mûres, alors je suis allé ouvrir ma boutique,

Mais cela ne m’a pas suffi.

J’ai appris à saisir des prises en charge alors que le client avait à peine franchi ma porte,

Mais cela ne m’a pas suffi.

J’ai oublié que souvent on pouvait ne saisir qu’un devis,

Mais cela ne m’a pas suffi.

J’ai fait un blocage psychologique sur le bouton « annulation » une fois le client sorti sans commander,

Mais cela ne m’a pas suffi.

Et quand le client appelle pour annuler, j’aime jouer au marchand de tapis,

Mais cela ne m’a pas suffi.

Quand il tarde un peu, je finis par facturer sans faire trop exprès,

Mais cela ne m’a pas suffi.

J’ai vu que facturer des lunettes et des lentilles à tout âge était facile,

Mais cela ne m’a pas suffi.

Alors je l’ai fait en masse,

Mais cela ne m’a pas suffi.

Avec mes méthodes, j’ai pu ouvrir très vite 3 boutiques,

Des boîtes à factures,

Mais cela ne m’a pas suffi.

Tu m’as donné des forfaits illimités,

Mais cela ne m’a pas suffi.

Puis tu les as plafonnés,

Mais cela ne m’a pas suffi.

Alors les forfaits lentilles sont devenus énormes,

Mais cela ne m’a pas suffi.

Tu as plafonné les montures à 100€, mais j’avais mes quotas de griffes de luxe à écouler, même au milieu des cités, et des quartiers populaires,

J’ai trouvé que tu exagérais,

Alors comme tu savais que rien ne me suffisait,

Tu m’as offert des fournisseurs de bons de livraison,

À quoi servent des verres, je vous le demande?

Et le forfait audio 100% santé à 1900€, alors que je n’ai plus 1m² de libre dans ma boutique,

Un finess ne prend pas de place,

Et puis, comme le dit ma cousine, tout le monde le fait,

Afin d’écouler mes Dior, mes Gucci et mes Chanel solaires.

Pour l’instant ça me suffit.

Mais ce serait bien de me trouver autre chose,

Afin que ma boutique de brics et de brocs,

Mais avec tous les logos de grandes marques et de mutuelles en façade,

Puisse me payer mes vacances 5 étoiles et ma bagnole allemande ou ma Tesla,

Encéphallogramme au repos,

En faisant du secrétariat.

Ne me demande pas d’être opticien,

Pour moi les lunettes c’est comme les fringues,

Je connais les noms des couturiers par cœur,

C’est bien plus important que d’adhérer à un syndicat.

Mes arguments sont « Ça c’est une Saint-Laurent, ça c’est une Tom Ford », ou « ça c’est une Prada ».

Tant que mes commerciaux s’y retrouvent,

Finalement ils sont comme moi,

Peu importe la méthode, l’argent n’a pas d’odeur.

Je n’ai aucun talent pour le CO2,

Alors j’ai fait optique,

Comme on fait le trottoir,

À défaut d’être opticien.

C’est ma complainte,

Celui de l’opticien francilien,

Et de quelques coins de France…

Opticiens, la révolte, c’est pour quand?

Lettre ouverte à ma profession.

Confrères,

Une nouvelle fois, le gouvernement a besoin de taper sur une profession. Une nouvelle fois, devinez laquelle a été choisie: celle d’Opticien, la nôtre.

Incroyable acharnement, cette fois provoqué par un amendement d’un député dont on n’avait jamais entendu parler jusque-là, Cyrille Isaac-Sibille, député Modem du Rhône, prévoyant d’offrir le pilotage du panier B (l’alternative libre du 100% santé) aux seuls réseaux de soins. Ceci semblant ne pas effaroucher notre député-opticien Benoit Potterie, qui n’a jamais aussi bien porté son prénom.

Je rappelle quand même que, si je ne l’ai pas assez fait, depuis plus de 10 ans, les campagnes médiatiques ciblant notre seule profession, mêlant toutes les chaînes de télévision, les radios, les magazines, les 20h (quelle autre profession a-t-elle été traitée de la sorte?), répétitives, intenses; la Loi de l’ignoble Leroux, député PS de triste mémoire, et de ses complices, Richard Ferrand, Fanélie Carey-Conte et j’en passe, légalisant le droit aux OCAM de pratiquer les remboursements différenciés, en France, pays de la Liberté et de l’Egalité; le volet optique de la Loi Hamon pilotée par feu Marc Simoncini au teint toujours halé, enjoignant sur une vidéo du ministère de la Consommation nos concitoyens d’arrêter de se “faire avoir” chez les opticiens en achetant sur internet, leur promettant une économie de pouvoir d’achat de 1 Milliard d’€, chiffre répété sans cesse sur tous les plateaux par le ministre désormais dégénéré.e.s., montant que les citoyens recherchent toujours en vain; puis après ou avant, voire pendant, les plafonnements des remboursements optiques des contrats responsables; et enfin, j’en oublie peut-être, le 100% santé, où nous sommes la profession la moins bien lotie des 3 concernées, et de loin.

Pendant tout ce temps, il faut le dire, les syndicats ont été hors sujet sur le quotidien de l’opticien moyen, laissant filer la fraude qui s’est amplifiée dans des points de vente bien précis et identifiables à chaque serrage de vis. Quant à la communication des enseignes “pour faire rentrer le client, après, on vend autre chose”, et leur attitude servile envers les OCAM, elles sont un modèle d’inconscience mortifère. Je le dis aujourd’hui aux syndicats: cessez de réclamer des nouveaux adhérents, vous êtes représentatifs. Si vous n’y arrivez pas maintenant, ce ne sont pas 50, 500 ou 1000 adhérents de plus qui vont changer les choses, sinon vous offrir des trésoreries plus confortables. Et nous ne sommes pas là pour vous aider à concourir au jeu de qui a la plus longue.

Cet amendement dit quoi? Que seuls les opticiens qui ont signé les réseaux vont pouvoir continuer à travailler. Le marché libre est ce qui fera la différence sur le savoir-faire et la compétence, le député veut uniformiser cela, gommer les différences et niveler par le bas. Il compte ainsi sur ceux qui ne jurent que par le volume (“le client chez moi plutôt que chez le voisin” étant leur seule devise) et se laissent dicter le choix de leurs produits par la recherche de la marge la moins mauvaise. D’une correction, d’un logo sur la carte mutuelle résultera le verre à fournir. Et vente additionnelle, plutôt hors de prix, si possible, pour se venger sur le client de la cruauté du réseau. Des formations, dans les grandes enseignes, sont devenues quasi-obligatoires sur ce sujet.

Quant aux opticiens qui pensent ne pas être impactés par cette mesure, comment leur expliquer qu’à part si leur clientèle n’est pas composée d’émirs, de princes, il serait bon qu’ils se retirent le doigt de l’œil?

Économiquement, et simplement, cela donnera des boutiques que ne pourront plus travailler qu’avec le 100% santé, donc un panier moyen très bas mais aussi des impossibilités de réalisation (les fameux “trous dans la raquette” de notre ex-ministre de tutelle Agnès Buzyn), et se retrouveront avec une baisse de leur activité de plus de 50% en étant très optimiste, le panier libre (ce qu’il restera de ce mot si cette amendement est adopté serait risible si il n’y avait pas une dimension dramatique pour des femmes, hommes, familles) étant réservé aux boutiques soumises aux exigences des réseaux, sans doute dans un reste-à-charge nul généralisé de lunettes fournies par des opticiens devenus nuls eux-mêmes à force de se renier. La France deviendra l’Union Soviétique des lunettes. Et la production chinoise sortira gagnante.

Notre député est étonnamment inspiré. Nous connaissons le lobbying des réseaux à l’endroit de nos élus, mais ces derniers sont-ils incapables de lire les démonstrations de Frédéric Bizard, Daniel Rozenweg, ou, mieux, le rapport IGAS étrillant les réseaux de soins, relu et interprété à la mode révisionniste par ces derniers? Ce rapport arrivé avec un retard coupable, et dont les évaluations n’ont jamais été suivies d’effet? Le système de santé est malade, les OCAM avec leur bras armé, les réseaux de soins, l’emmènent en phase terminale.

Le monstre Optique, spécificité française, a été enfanté par les OCAM. On ne va pas revenir dessus. Mais vouloir, comme cela été l’infâme objectif avoué de Bruno Leroux, mettre en faillite par voie légale une grande proportion de boutiques, non pas par l’incompétence, mais par une loi aveugle, est abject. Que Monsieur Isaac-Sibille ait trouvé une solution plus radicale et inhumaine en dit long sur l’homme. Provoquer des faillites n’est pas un jeu, et impacte des vies. Certainement un jeu de fête foraine genre chamboule-tout pour notre ami législateur, élu du peuple. Mais fonctionner sur des frustrations n’est pas une façon de faire, et si ce monsieur trouve qu’il y a trop d’opticiens dans les rues françaises, peut-être faudrait-il qu’il se pose les bonnes questions. Il confond vos vies avec un jeu vidéo, et vous êtes, pour lui, virtuels.

Et si on avait balancé moins de diplômés sur le marché, munis d’un diplôme dévalorisé? Et si on avait instauré un numérus clausus sur l’ouverture des boutiques? Les professionnels doivent-ils donc payer pour les mauvaises décisions des dirigeants?

Trop de boutiques? Normal quand un diplômé est sous-payé, trouve un job où son intelligence est insultée par les réseaux de soins, et finit par tenter sa chance. Trop de boutiques? Nous sommes d’accord, les rues de Paris en particulier sont envahies de points de vente improbables avec des chiffres d’affaires sans correspondance avec leur surface et leur emplacement. Un audit sur taux de renouvellements à un an trop fréquents, des forfaits audio subitement apparus depuis le 100% santé? Des murs de solaires de grande marque ultra-majoritaires dans des quartiers loin d’être touristiques? Assez étonnant, d’ailleurs, que des boites de luxe type Kering ou Thelios ne se demandent pas comment, en France, un tel débit de lunettes de prestige peut être écoulé quelquefois au milieu de cités, et ouvrent des comptes là où ils n’imagineraient pas implanter une boutique de sacs ou de vêtements. Peut-être une enquête est-elle de mise sur leur duplicité.

Vous voulez éliminer, Monsieur Isaac-Sibille? Alors faites-le avec force et courage, vous trouverez, dans les 3 grandes villes, au bas mot, 30% des boutiques à dégager. Pour le moment, la manière est lâche et irrespectueuse des vrais professionnels, passionnés par leur travail.

Les réseaux de soins n’ont aucune place objective en France. Ce sont des structures parasites et coûteuses. C’est de leur disparition dont il devrait être question.

Cela dit, je m’adresse à ma profession, tous étages confondus.

Comment envisagez-vous votre avenir professionnel, le cadre de votre pratique, pour ceux qui désirent rester opticiens, car, il ne faut pas se le cacher: l’Optique-Lunetterie est désormais une profession qui se quitte ?

Notre profession est la seule qui subit ces attaques, et cette dernière, si prévisible -le déremboursement hors réseau du panier libre- n’est que l’aboutissement logique d’une litanie que j’ai exposé plus haut.

Pourquoi donc? Parce que nous avons dit oui. Toujours. Et mieux, accompagné, et opposé une sourde oreille aux lanceurs d’alerte. Patron, je veux voir du monde, quel qu’en soit le prix. Salarié, “je ne suis que salarié” est un leitmotiv insupportable.
Isaac-Sibille sait qu’il rentrera dans cette profession comme dans du beurre, alors que les audioprothésistes, les orthoptistes, les dentistes, les orthopédistes, les dentistes, n’en accepteraient pas le millième. Et, de toutes manière, le législateur n’oserait même pas commencer à y penser. Où est notre amour-propre? Allez-vous laisser un grand nombre de vos confrères se faire détruire? Sommes-nous une sous-profession, des sous-êtres humains?

Ne croyez pas qu’il soit question de pouvoir d’achat dans cette histoire. Cette notion n’existe pas chez les OCAM, dont les cotisations ne cessent d’augmenter, en particulier chez les plus faibles de nos concitoyens, les plus fragiles, ceux qui ne bénéficient pas de la mutuelle d’entreprise obligatoire et imposable: les chômeurs, les personnes âgées. Tous ces prétextes ne sont que du flan, désolé de l’expression, et désigner notre profession comme bouc émissaire afin de donner un prétexte à l’existence des réseaux de soins, dont l’utilité est réduite à néant depuis le 100% santé, est une nouvelle insulte. Monsieur Isaac-Sibille le sait, il n’est pas idiot, juste hypocrite, et maquille ses conflits d’intérêts en principes humains. Ce n’est pas du portefeuille des citoyens dont il se préoccupe, mais de celui des patrons des OCAM, d’Allianz, de Generali, de MMA, de Groupama ou d’AXA.

Il leur offre notre profession. Il vous offre.

Nous représentons une force de 40.000 personnes environ. Sans compter les industriels, les distributeurs, qui seraient bien inspirés de se faire entendre. Vous rendrez-vous coupable d’être restés silencieux lors de la spoliation sans équivoque d’une grande proportion de vos confrères? Jusqu’à quand pourra-t’on se regarder dans la glace, pestant de l’attitude d’un “MGEN” tout en signant ce qui l’a amené à se comporter ainsi afin de l’avoir en client captif?

L’urgence est de fédérer, au-delà des syndicats, dans une structure peut-être déjà existante, qui ne se vendra à personne, mais qui saura faire le bruit qu’il faut, et dire les choses sans détours.

De cet immonde amendement doit naître une révolution. Ou alors, nous déciderons de nous laisser engloutir, et d’entériner l’enterrement de dernière classe de notre profession, sans fleurs ni couronnes.

Ou nous nous redressons, et nous nous présentons debout devant ceux qui pensent pouvoir nous écraser d’un vote inique.

Le choix n’appartient qu’à nous.

Confraternellement.

Marianne Binst: la gifle.

Elle se croyait toute puissante.

Elle pensait mettre la main sur le monde médical en France, éteindre les divergences par sa supposée puissance.

Je la comprends. Elle a trouvé tellement de lâches, de faiblards, de courtisans, de rampants, en particulier dans ma profession, l’optique, celle avec un petit o.

Elle pensait qu’elle avait tous les droits, que sa minuscule personne était grande, tellement les autres s’aplatissaient. Pour une promesse de parts de marchés, ils ont abandonné leur amour propre, et sont devenus des minables. Elle a trouvé plus bas qu’elle, et c’est ce qui assure son existence dans un paysage où elle n’a rien à faire.

Elle nous a expliqué qu’elle luttait contre la fraude, parce qu’elle savait qu’elle ne servait à rien; alors elle s’est trouvé cet alibi pour justifier son existence de parasite et ses émoluments. Jusqu’au jour où elle s’est faite coincer, et que la vérité a vu le jour. Et que tout ce que nous savions, nous, les combattants, toutes nos convictions se sont avérées vraies.

Parce qu’un petit opticien, salarié, a dit non. Parce que son patron, directeur d’une grande enseigne nationale, faisait dans ses différentes boutiques exactement l’inverse de ce qui était le sens de l’existence de l’entité que dirigeait Binst. Les deux larrons se sont entendus : l’un apportait ses ouailles -tout en leur dispensant les méthodes de contournement qu’il expérimentait lui-même- assurant l’abondante subsistance de l’autre.

Alors il s’est élevé, a écrit à Santeclair, à Binst, et à sa complice Touizer. Mais elle n’a pas réagi, elle a, comme on dit, laissé pisser, pensant qu’il allait abandonner, comme c’est le cas de tous ces petits qui s’epoumonnent seuls et finissent par s’asphyxier et se rendre à l’évidence : le pot de terre ne gagne jamais contre le pot de fer; il n’aura pas l’argent, il ne va pas foutre en l’air sa famille, il ne va pas se griller professionnellement, il va ravaler sa fierté et, amèrement, rentrera dans le rang. Allez, la matronne lui offrira une place d’opticien-conseil en lot de rabaissement. Inhumanité et cynisme.

Mais devant le Bulldozer Binst, que je n’appelerai ni Madame, ni Marianne, le petit soldat ne s’est pas démonté. Il a appelé à droite, à gauche, cherché des soutiens, au moins des oreilles. Il a trouvé de nombreuses portes closes, des fins de non recevoir, des enseignes et surtout, le plus décevant, des 3 syndicats professionnels qui lui ont tourné le dos, quand ils n’ont pas saboté sa démarche.

Pendant que de rares esprits s’ouvraient, qu’il trouvait le soutien courageux et sans faille d’un responsable incontournable de la profession, quelques uns se sont engagés avec force, mais le directeur national d’enseigne qui lui servait de patron et pratiquait le transfert de factures a décidé d’utiliser les pires stratégies pour le faire taire. Comptant sur son argent et son entregent, son ambition politique, il l’a traîné devant les tribunaux, a voulu l’intimider, manipuler, puis le finir. À chaque banderille, notre ami se renforçait, et un jugement final a fini par souligner la fraude et faire perdre le sale bonhomme.

Pour ceux qui ne savent pas, le transfert de factures, interdit dans les textes de Binst mais toléré quand ça arrange, comme quand le coupable est sensé être un décideur de la profession, consiste à signer une convention obligeant le point de vente à faire des prix bas (l’hypocrisie est de les appeler « négociés ») tout en facturant dans une autre boutique n’ayant pas signé la convention. Le beurre (le volume de clients promis par le fameux réseau de soins) et l’argent du beurre (conserver ses prix hors réseau).

Alors que le boss, donc, cherchait à enfoncer son talon dans la tempe de notre soldat, manigançant, sournois comme il l’a toujours été, Binst mettait en branle l’armada des avocats de son entité afin de réduire au silence ceux qui ont eu l’audace de relayer le combat, voire d’y faire allusion.

Ce n’est pas rien. Ce sont les juristes d’Allianz, de la MAAF, de MMA, d’Ipeca et de la MGP, entre autres que Binst a à sa botte. Elle a utilisé des groupes Facebook privés ou publics afin d’amener ces gens au tribunal, par le biais de comptes cachés ou d’espions de pacotille. Parce que cette personne, machine plutôt qu’humaine, implacable, impitoyable, a pensé que d’autres qui sont pour elle des minables punaises à écraser auraient peur, prendraient une bonne amende, et s’arrêtaient définitivement.

D’ailleurs, rien ne vous empêche de lire cela: https://opticiensencolere.wordpress.com/2019/09/26/341/

Binst pensait sûrement que la France était peuplée humainement d’insignifiants comme Papaz, Champion, Guenin, Levy. Elle pensait que, devant son armada et son imposante personne, la justice ne prendrait pas la peine de réfléchir et de se prononcer équitablement. Elle oubliait qu’en République, comme disait Montaigne, si haut que l’on soit placé, on n’est jamais assis que sur son cul. Et qu’elle va pouvoir retourner s’en occuper.

Je serais à la place des assureurs qui la font bouffer, je me poserai des questions sur l’existence même de la gigantesque arnaque que constitue Santeclair, « fondé sur un mensonge », comme me l’a déclaré un jour l’un des premiers « opticiens conseils » de l’entité. Elle et sa bande organisée devraient être aujourd’hui dissoutes, devant les évidentes manœuvres nécessaires pour assurer leur inutiles et coûteuses existences. Sans compter les assurances santé du type MNPAF, MGP, ou, pire, la MGS, pour ne citer qu’elles, maniant tromperies et médisances, passées maîtresses dans la « perte de papiers » quand le client s’éloigne de la ligne imposée, éduquées, endoctrinées par la maîtresse des lieux à mieux manipuler les clients afin de les détourner.

Je voulais rendre hommage à ce soldat solitaire, dont moi et mes amis avons quelquefois douté, mais qui a fait ce que personne n’a jamais osé dans cette profession. Il a gagné glorieusement, Binst, ainsi que son affidé Papaz ont perdu, salement. Justice a été rendue, la vraie, pas l’arbitraire, que certains, du haut de leur pouvoir aussi étriqué que leur esprit est sclérosé, bourré de conflits d’intérêts, croyaient pouvoir façonner à leur manière.

Merci à toi, mon ami. J’espère qu’on continuera à s’appeler, et qu’on se reverra bientôt autour d’un verre; que nous parlerons de tout sauf de ce qui n’en vaut pas la peine, surtout pas des minables qui avaient juré ta perte à coups de dizaines de milliers d’Euros.

Syndicats, représentants de la profession qui lui avez tourné le dos, prenez-en de la graine ! Il suffit aujourd’hui d’une goutte d’un produit bien choisi pour qu’une verrue disparaisse, dissoute.

Nous devons tous retenir la morale de cette histoire : une injustice finit toujours par être éradiquée. Les réseaux de soins en sont une, leurs dirigeants sont donc des imposteurs, que nous continuerons à démasquer jusqu’à leur disparition.

Salut à toi, Soldat, et respect.

Cet article est dédié à notre confrère et ami Alexandre, trop tôt disparu, qui n’en aurait pas renié un mot. Prions pour que ce soient les pires qui disparaissent de notre univers, désormais.

Les préoccupations sino-lunetières de la France en temps de Covid

Depuis un an, la France vit au rythme de la pandémie de Covid19. Plus de 100.000 morts à ce jour, des séquelles durables pour beaucoup, physiques et donc psychologiques qui nécessiteront sans doute des prises en charge.

Les conséquences économiques seront inévitables. L’Etat a distribué sans trop de limites, la dette va se creuser, il faudra rembourser: les banques n’ont pas l’air disposées à faire d’efforts, comme d’habitude. Seul le citoyen, et en particulier l’indépendant, sera mis à contribution. Le riche ne sera pas inquiété de peur qu’il ne parte, et le démuni ne pourra pas payer. Comme d’habitude.

De nombreux problèmes seront à résoudre. Mais, depuis quelques semaines, l’une des préoccupations majeures du gouvernement semble être la proportion de lunettes 100% santé vendues dans les boutiques de France. Autrement dit, combien les opticiens français auront vendu de lunettes chinoises. Et il a fixé un minimum à atteindre.

Nous savons que les chinois ont été les premiers touchés par la pandémie. Toutefois, est-ce à la France et à elle seule de se soucier du sauvetage de leur industrie lunetière? J’ai pourtant appris ces derniers jours qu’il existait, dans les montagnes françaises, des contrées nommées Morez, ou Oyonnax, et d’autres lieux aux dénominations étranges, où il existerait des fabricants de montures depuis des générations. Que beaucoup d’entre eux ont mis la clé sous la porte depuis quelques années. Des noms d’un autre siècle : Logo, Paget par exemple. Mais certains inconscients résistent encore, et, soucieux de son combat afin de préserver les emplois des petites, voire toutes petites mains orientales, notre gouvernement nous somme, finalement, de refuser si il le faut la vente de montures locales pour atteindre le quota exotique.

Ainsi, des brigades de la DGCCRF sont lancés à nos trousses afin de nous convaincre de nous rallier à cet impérieux combat, et nous expliquer les bonnes pratiques, voire nous sanctionner. Nous sommes rappelés à l’ordre par l’un de nos syndicats, le ROF, signataire de la mesure avec le SYNOM, syndicat ultra-corporatiste des boutiques d’optique mutualistes, ne représentant l’intérêt, finalement, de quasiment une seule enseigne. Comme dans une classe de Cours Préparatoire, nous voilà à la merci d’une punition collective en cas de mauvaise conduite, que je subodore être la baisse du montant du prix de vente maxima auquel doivent être vendues ces merveilles, ce qui n’empêchera pas de maintenir cet absurde et destructeur quota. Pour l’instant, les premières conclusions de nos limiers nationaux nous imputent 60% d’irrégularités. Se demander si la faute ne viendrait pas de leur machine à gaz est au-dessus de leurs forces.

Il faut voir ce qu’on nous demande. Un devis normalisé de 3 pages, défi écologique, obligatoire, indiquant, quel que soit le besoin du patient, une proposition 100% santé, une vraie littérature illisible. En parler ne suffit pas. Cela a été mis en place dès le début de cette mesure, au 1er janvier 2020, alors que nous nous debattions avec les bugs des nouveaux LPP, qui nous ont empêché, pour la plupart d’entre nous, de facturer quoi que ce soit lors des 3 premières semaines de l’année. Selon les mutuelles, c’était évidemment les opticiens qui y mettaient de la mauvaise volonté: nous les avons donc puni en ne faisant pas rentrer l’argent dans nos trésoreries. Nous allons remettre ça en juillet, avec les codes fournisseurs…

Bref, du temps et encore du temps. 45 jours après cette torture, nous voilà en confinement pour 2 mois, et à notre retour, nous voilà partis pour les desinfections des montures et les jauges. Mais dites-moi, était-ce vraiment le moment de rallonger le temps de la prise en charge du patient alors que nos tâches sont multipliées, et que nous devons respecter un espace de 8m² par client ? Sommes-nous si incompétents pour ne pas savoir quoi proposer, efficacement et rapidement quand on a une vraie expérience, pour être mis sous tutelle et devoir passer par toutes ces circonvolutions ? Même après le Covid, leçon de vie, le gouvernement pour qui le 100% santé serait finalement la seule mesure lisible du quinquennat, ne lâche rien, le succès de cette mesure serait le marqueur du mandat.

Pourtant, nous aurions dû comprendre enfin que faire des économies sur la santé n’amène rien de bon dès qu’un écueil s’interpose. Nos gouvernants aussi auraient dû percuter sur le fait que les réseaux n’ont de soin que le nom, leur inaction lors de la crise des masques où les difficultés vaccinales éclaire d’une lumière éblouissante leur véritable nature. Errare humanum est, persevere diabolicum: après la Loi Leroux, le milliard de Benoît Hamon, le nivellement par le bas légalisé et quasi-obligatoire du médical et du paramédical semble rester la doctrine de nos dirigeants successifs. Sans compter le dictatorial déremboursement du patient C2S (ex-CMU et ACS) si il choisit autre chose que le « panier A », et la baisse de 60€ en moyenne du remboursement sécu pour les enfants, qui permettait aux plus jeunes d’accéder à un équipement plus solide et qualitatif. Oui, le 100% santé, qui exclut les citoyens sans complémentaire (ils appellent ça les « trous dans la raquette »), a fait augmenter le reste-à-charge!

Serions-nous contraints de mentir, affirmer sans honte à chacun de nos patients que le 100% santé est de qualité équivalente au haut-de-gamme afin d’aider à la réélection du président ? Sommes-nous des instruments d’une propagande, des messagers gouvernementaux ? Ai-je bien compris la mission qu’on nous assigne et, pire, qu’on nous impose?

Faisons confiance à l’Etat afin de nous sortir de cette pandémie. Qu’ils fassent confiance aux praticiens pour le confort visuel, auditif et dentaire des Français, ils garderaient leur énergie pour une vraie cause. Le 100% santé serait une bonne mesure si elle était administrativement légère et sans un aspect dictatorial provenant non seulement des pouvoirs publics mais aussi des mutuelles, dont c’est devenu une ligne de défense systématique pour rejeter sur le professionnel la faute de la baisse des prestations.

Je veux juste finir par dire que le citoyen n’est pas dupe, que nous sommes sur le terrain, l’entendons, sommes accessibles, compréhensibles et persuasifs. Ils voient d’année en année leurs cotisations santé publiques et privées exploser, un accès aux soins de qualité de plus en plus bafoué, le basculement progressif des remboursements du public vers le privé. Une calculatrice 4 opérations chinoise à 2€ suffit à leur ouvrir les yeux et l’esprit. Bien plus qu’une paire de lunettes de la même origine.

La victoire à la Pyrrhus de Monsieur Godinho

Ce matin, annonçant la première journée du couvre-feu national à 18 heures, je tombe sur un tweet victorieux de Luis Godinho, président du syndicat national des audioprothésistes. 

Son contenu? La possibilité d’ouvrir après 18 heures pour sa profession chérie.

Un an. Voilà un an qu’on vit avec le spectre de ce virus qui nous pourrit la vie, de cet ennemi qui tue des millions d’humains dans le monde, des centaines de milliers en France. Une véritable loterie, dont personne ne peut se sentir à l’abri. Qui sait si il ne porte pas une co-morbidité, qui se suppose assez jeune pour échapper au pire, qui a envie de vivre des séquelles, de perdre le goût, l’odorat; qui a envie de voir un proche plongé dans le coma, ne pas savoir si il va se réveiller, comment il va se réveiller? Qui a envie de choper ce virus? Et lequel? Celui d’origine? L’anglais? Le Sud-Africain? Qui sait comment se propagent ces deux derniers? Et qui connaît l’avenir de ces virus dans nos corps, même si nous avons été asymptomatiques?

Depuis un an, un décompte de morts nous est distillé. Ce n’est visiblement pas assez pour certains. Et on ne connaît pas de date limite, ça peut durer encore 1 an, 2 ans, 10 ans. Et en vérité, nous ne savons qu’une chose: l’éradication de cette malédiction viendra en grande partie de nous, nos prises de conscience, nos comportements à moyen terme.

Mais… Et le tiroir caisse dans tout ça?

Rendez-vous compte de la perte pour ces pauvres audioprothésistes, surtout avec le lancement du généreux 100% santé, avec une fermeture une heure plus tôt que d’habitude, pendant quelques semaines !

Le syndicat va nous rétorquer : ah mais la sénilité, l’empathie, et j’en passe, et des meilleures. C’est vrai: l’immense majorité de la patientèle, retraitée, ne peut pas s’organiser pour aller chez l’audio avant 18 heures ! La plupart ne voient plus leurs enfants et leurs petits enfants ! Mais ils auront le dernier appareil à 2500€ pièce, et peut être le Covid en prime !

Ce que nous n’arrivons pas à comprendre, au-delà de notre chiffre d’affaires, c’est que chaque brassage, déplacement que nous créons peut avoir des conséquences catastrophiques. Même si nous nous vantons de respecter toutes les consignes sanitaires – quoique les caissons UV sont plus que discutables – le remède, hors vaccin, est de limiter au maximum les interactions et les déplacements.

Difficile à comprendre, Monsieur Godinho?

D’autant plus qu’avec les boutiques qui cumulent l’optique et l’audioprothèse, seule la naïveté peut nous éviter de penser les conséquences de ce genre de permissions. 

Encore, nos points de vente ont eu le droit d’ouvrir depuis la fin du premier confinement. Et le travail était au rendez-vous. Nous n’avons pas à subir le supplice d’autres professions.

Et certains sont là à gratter une heure ! Minable.

Pour une fois, opticien, je suis fier des deux syndicats qui me représentent. Sur la même ligne courageuse et responsable. Même si nous trouverons dans nos rangs une minorité de déchets qui recevront rideau baissé, cachés comme des cloportes, afin de casser notre belle discipline.

Le leitmotiv des audioprothésistes pour se valoriser était de descendre les opticiens et de tirer sur une ambulance déjà bien attaquée. « Ne nous confondez pas avec eux ». Vous venez de devenir pire.

Audioprothésistes, je vous laisse juges de cette communication mortifère, irresponsable. Indécente devant les difficultés que rencontrent beaucoup d’autres métiers. Le président de votre syndicat a cherché le trou de souris qui vous autoriserait à gratter ces quelques minutes d’activité quotidienne. J’ose espérer que vous pensez mieux valoir que ça.

Contrats collectifs: pour qui roulent les entreprises?

Opticien, je me suis retrouvé devant une cliente surprise de son dernier remboursement optique, très bas.

Salariée d’une des plus grosses boîtes d’electro-menager et de culture française, quand elle a osé soumettre aux syndicats son étonnement, elle s’est vue répondre: « Arrêtez-vous. La mutuelle estime que vous êtes gâtés, et que vous vous plaignez trop! »

J’ai bondi. Et j’ai répondu. Et désolé pour les majuscules.

QUI se plaint ?

Vous qui voyez à juste titre vos prestations s’effondrer et vos cotisations s’envoler?

Ou l’assureur, ou plutôt les représentants de son courtier, tête visible de ce mille-feuille indécent, qui revient régulièrement expliquer que les assurés CONSOMMENT trop, que la prétendue « mutuelle » PERD DE L’ARGENT, que le contrat est DÉFICITAIRE encore et encore, et qu’il  n’y a d’autre choix que de BAISSER les garanties pour éviter D’AUGMENTER plus les cotisations qui AUGMENTERONT de toutes manières !

Ce qui ne les empêcheront pas d’être présents lors des prochains appels d’offres !

Connaissez-vous une entité commerciale ultra-puissante qui perd de l’argent, et vu l’ampleur du contrat, ça se chiffrerait en dizaines de millions d’euros, et qui reste et se bat pour garder la place?!

Quel changement de paradigme des syndicats, autrefois engagés pour la défense du salarié, et qui se mettent béatement à défendre un courtier, à répandre les affirmations mensongères et putrides de ses affidés en col blanc, ainsi que d’un énorme assureur, autrefois qualifié de PROFITEUR, de REPRÉSENTANT DU CAPITAL, accusé que de ne faire gonfler les revenus des dirigeants, et de n’être intéressés que par le versement de DIVIDENDES?

Pour QUI ?

Pour QUOI ?

Et surtout…

Pour COMBIEN ?

Quelle indécence !

Les CGT, CFDT, FO, CFTC, UNSA et consorts, qui êtes-vous devenus et pour qui roulez-vous?

Et comment ces entreprises, autrefois modèles de l’entrepreneuriat familial français, ont pu basculer de ce côté de la finance?

Qui n’a pas remarqué que ces affirmations se sont généralisées depuis que la complémentaire santé d’entreprise est devenue obligatoire et imposable ? Chaque changement de contrat était auparavant inflationniste en ce qui concerne les garanties. Depuis 2012, le discours s’est complètement inversé, les assureurs arrivent en pays conquis et impactent, clairement, le pouvoir d’achat de millions de salariés. Une triple peine: la hausse des cotisations, la baisse des prestations, la cotisation soumise à l’impôt !

Nous parlons d’un attentat contre votre pouvoir d’achat !

Le contrat serait déficitaire ? Ne serait-ce pas la faute des coûts de fonctionnement du courtier (VIVINTER, GEREP, MERCER, GRAS SAVOYE, VERSPIEREN, GENERATION et j’en passe), les énormes profits des assureurs qui se cachent derrière eux (ALLIANZ, AXA, AG2R, GMC, GAN, MALAKOFF HUMANIS…), des plateformes (VIAMEDIS, SP SANTÉ ET ISANTE, ALMERYS…) et surtout des réseaux de soins, le plus grand scandale (SANTECLAIR, ITELIS, CARTE BLANCHE, KALIXIA), tous émanations des assureurs sus-cités: votre argent les intéresse au plus haut point !

Je vous le répète : intéressez-vous aux multiples logos présents sur votre carte de mutuelle: chacun vous coûte un pognon de dingue !

Salariés, jusqu’à quand allez-vous rester passifs? Non seulement vous laisser tondre, mais en plus, restreindre votre liberté de choix? Vous vous sentez seuls. Pour ces gens, vous représentez des milliard d’Euros !

Alors QUI se plaint? Le salarié qui a quelquefois du mal à boucler ses fins de mois? Ou l’assureur dont les têtes ont vu leurs comptes exploser pendant cet épisode du COVID?

Qui profite? Quel jeu jouent les syndicats, les DRH, les comités d’entreprise ?

La mutuelle est la seule cotisation présente sur votre fiche de paie n’étant soumise à aucun barème ni contrôle. Seulement le bon vouloir de gens qui s’arrangent entre eux. Et dont vous subissez les décisions.

En conclusion, votre parcours de santé ne doit pas être confié à des personnes qui peuvent flirter avec le conflit d’intérêt. Le choix de votre complémentaire santé d’entreprise doit être soumis à un vote de l’ensemble du personnel, préalablement informé par des sources diverses et avisées.

Imposez cela. Et vous verrez : les conditions et discours changeront comme par magie !