Les centres ophtalmos, plus c’est court, plus c’est bon !

Appelons cela un scandale. Une étude du Collège national professionnel d’ophtalmologie (CNPO) vient de mettre en évidence les dérives de ces nouveaux centres ophtalmologiques aux fréquences de consultations élevées.
Je pose ça là: https://www.20minutes.fr/sante/2820975-20200713-centres-ophtalmologiques-soupconnes-fraude-assurance-maladie

Drapés dans leur décennie d’études et le prêt du serment d’Hypocrate, des ophtalmologues plus businessmen que médecins ont mis en pratique la théorie qui consiste à réduire violemment la durée de la consultation (que j’estime en moyenne entre 20 et 30 minutes pour un examen de vue et médical de qualité) à quelques minutes.

S’appuyant sur une théatralisation qui rassure le patient (« ils sont bien équipés »… Si ils savaient les dégats de l’autoréfractomètre), ils ont installé des orthoptistes en batterie afin de leur pondre à la chaine les examens de vue. L’ophtalmo recopiera. Bêtement, mais avec un air inspiré, et signera un test pour lequel il n’est pour rien. Enfin, quand il est là et que sa signature n’est pas scannée dans le logiciel.

Les ophtalmos dédaignent depuis bien longtemps cet acte technique qu’est l’examen de vue. Un défaut de longueur de l’oeil: le toubib n’est pas garagiste. Pas assez médical à leur goût, ils ont préféré confier cette tâche à une profession dont la fonction première était la rééducation, alors que les opticiens étaient formés pour cela. Ce détournement de l’essence d’une profession paramédicale (définition de l’orthopsie par le Larousse: « Spécialité paramédicale ayant pour but d’évaluer et de mesurer les déviations oculaires, puis d’assurer la rééducation des yeux en cas de troubles de la vision binoculaire : strabisme, hétérophorie (déviation des axes visuels) ou insuffisance de convergence. »), les ophtalmologues ont définitivement fusillé la mort-née profession d’optométriste, tout en encadrant étroitement la pratique de la réfraction par les opticiens pour une raison très française: le prescripteur ne peut pas être le vendeur.

Oui, parce que vous savez: un médecin ne vend rien. Son désintérêt, sa distance à l’argent n’est pas à démontrer, et, disons-le, elle est naturelle. Le chirurgien esthétique qui gonfle un sein au silicone répare un biais psychologique, une détresse: il ne vend pas. L’ophtalmo qui botoxe sauve les couples, afin que Monsieur n’aille pas voir une plus jeune, loin de lui l’idée d’un bénéfice financier. La liste est longue. La dévotion est leur nature première, tout est fait pour réparer l’humanité.

Et ils sont infaillibles. En tant qu’opticien, je vous le dis: il nous est impossible d’appeler un ophtalmo et suggérer qu’il pourrait s’être trompé. On refait un examen au patient qui voit flou, on refait ses verres si une erreur est détectée, tout cela avec silence, respect et déférence envers celui qui s’est planté. Le temps passé, le travail refait, les verres commandés à nouveau, c’est pour Bibi l’Opticien: de toutes façons, le prochain rendez-vous est dans 6 mois. Le rapport entre l’opticien et l’ophtalmo est marqué au sceau d’une archaïque soumission. Pourtant, La notion d' »Erreur Ophtalmo » existe depuis belle lurette chez les verriers, elle n’a pas attendu l’ouverture des abattoirs de la vision. Mais nous en faisons un usage bien plus intensif qu’il y a quelques années.

Sachez-le: un ophtalmologue ne se trompe pas. C’est l’opticien qui centre mal les verres, ou qui n’a pas mis les bonnes corrections. Il lui arrive même de faire des ordonnances avec des corrections différentes avec un petit courrier à l’opticien lui intimant l’ordre de refaire le travail gratuitement, laissant entendre au patient que rien n’est de sa faute. Le Seigneur et le gueux.

Revenons à la notion vomie de prescripteur vendeur. Ce qui est la définition de la dichotomie. Et demandons-nous comment fleurissent des centres ophtalmo à proximité d’opticiens. Juste en face, ou carrément dans le même bâtiment, séparés d’une modeste cloison pour l’aspect légal des choses. Même dans des zones commerciales pour le moins hasardeuses. Hasard? Coincidence? Je vous laisse juger.

Et encore, on ne va pas rentrer dans tous les détails, comme les visites de commerciaux de ces centres chez les opticiens du secteur…

Quand cesserons-nous cette hypocrisie bien française? Chacun lorgne sur les revenus de l’autre, désigne le mouton noir, dans notre cas l’opticien, s’arrangent entre noblesse plus ou moins basse: les ophtalmologues et les orthoptistes. Et puis un jour, vous découvrez le jeu des ordonnances balladeuses depuis ces centres vers des boutiques d’optique où vous entendez dire que des ophtalmos sont plus ou moins associés, plutôt plus. Comme lorsque vous découvrez que la salariée d’un de ces centres ne pourra pas finalement faire vos lunettes chez vous parce que la prise en charge a été faite et facturée dans une boutique qu’elle ne connait pas, mais que s’en révolter reviendrait probablement à un licienciement…

Tout le monde s’accommode et s’arrange, tant que le business est sauf. Tout le monde baigne dans la fausseté, valide ce genre de hiérarchie, mais, finalement, il n’y a pas plus de vertueux chez les uns ou les autres. Dans ce pays où la médecine et l’équipement ne se paie pas, ou très peu, le patient peut sortir d’une consultation à 150€ de manière indolore: donnez-moi votre carte vitale, donnez-moi votre carte mutuelle, sont les mots magiques. Des orthoptistes monotâches qui y vont car bien mieux payés avec bien plus d’avantages qu’en libéral, même si leur job au rendement est abrutissant. Encore une fois, des réformes aux forts relents lobbyistes accouchent d’un monstre qui coûte très cher à chacun d’entre nous, mais, comme il n’est pas question de marge, nos associations de consommateurs intellectuellement handicapées ne se saisiront pas du sujet.

Ceux que l’on écoute jamais sont les supposés marchands: les opticiens. Mais ces derniers (dans tous les sens du terme) sont au contact du terrain tous les jours, ils risqueraient d’énoncer les vérités qui dérangent.

C’était tellement facile à prévoir. Trop facile?

Le Covid-19 flingue les réseaux de soins.

Pendant cette crise sanitaire, avez-vous remarqué la superbe absence des réseaux de soins?


Effectivement, rien n’est mieux de ne rien faire pour qu’on ne puisse rien reprocher. Et se faire oublier, afin de faire comme Picsou, nager dans son tas d’or sans en égarer une pièce.

L’un d’eux, Itelis, filiale d’AXA (les pauvres…) ont pondu une superbe idée : la paire de lunettes de secours Covid19 à 30€, aux frais de l’opticien.

D’autres ont suggéré l’achat par internet, cocufiant les boutiques d’opticiens partenaires qui voient depuis 2 mois leur trésorerie s’effondrer et les charges reportées s’accumuler, et, pour la plupart, supportant des loyers non annulés. Ces mêmes opticiens en boutique qui ont été si studieux lors des appels d’offres il y a 6 mois… Ils pensaient y jouer leur vie, mais c’est dans une semaine que nous la jouons tous, et la promesse volume contre ventes à bas coût sera, disons-le, impossible, avec les gestes barrière, les décontaminations, les distanciations: aujourd’hui, encore une fois, la calculatrice est de mise, et se libérer des carcans permettra de sauver la rentabilité et les emplois. Il faudra choisir entre les familles de nos salariés que nous faisons vivre et le salaire à 5 chiffres des quelques directeurs des réseaux parasites.

Mais soudain, je pose une question : les masques!

Ces tenants de la santé pour tous pour pas cher, ne parlant que des abus des autres, n’avaient-ils pas les moyens de fournir, dès le début de cette épidémie, des centaines de millions de masques à la population, prouvant ainsi que tout cet argent subtilisé aux assurés et aux professionnels avait, pour une fois, un sens.

Mais voyons… Les réseaux ne dépensent pas. Il donnent des leçons. Ils culpabilisent. Ils décident du déséquilibre économique de professions. Ils distribuent les bons et les mauvais points. Mais devant la plus grande crise sanitaire depuis des siècles, où sont-ils? À leur place, c’est-à-dire nulle part.

Leur rôle est juste d’aspirer de l’argent au passage des soins. Et de le garder. Et de se rémunérer grassement, si je peux me permettre cette image.

Les réseaux de soins, c’est, finalement, le vide. Leur existence ne tient qu’à notre stupidité, et à la corruption augmentée de l’ignorance des décideurs des complémentaires santé, qu’ils ont converti à leur religion: le cynisme.

Ils ne viendront au secours ni de la population qui est pour eux une variable, ni des professionnels qui ont pu croire un moment au bien-fondé de leur démarche. Mais notre profession d’optocien n’est pas belle par le volume mais par la qualité et le temps passé.

Aujourd’hui, et pour un moment, le volume sera absent de nos points de vente car pas gérable.

La seule solution est dont de retrouver la liberté tarifaire.

Envoyez vos lettres de résiliation aux réseaux de soins !

Prenez-en conscience.

MNPAF et Santéclair, mensonge et spoliation

Ma parole se fait rare. Je préfère l’utiliser quand l’indignation est trop forte, quand la goutte d’eau fait déborder le vase de ma tolérance.


Après tout, nous aurions pu créer le hashtag #metoo pour dénoncer les abus des OCAM sur le RGPD, les données de santé… Mais il y a des choses bien plus palpables, qui touchent directement l’assuré au portefeuille, tout en massacrant la crédibilité du professionnel de santé et sa capacité de conseil, ainsi que son honnêteté.


Donc, nous serions des marchands de tapis, et cette affreuse MNPAF une équipe de redresseurs de torts. Disons le: avec l’horrible MGS -notons que les deux sont sous la coupe de Santéclair- (la MNPAF ni la MGS n’ont plus rien de la dénomination « mutuelle », ils sont courtiers/financiers), peu d’OCAM m’avaient poussé aussi loin dans le dégoût.


Les faits.


Une patiente fidèle depuis ma création (professionnelle) appelle sa complémentaire santé, la MNPAF, et aimerait connaitre ses remboursements. Evidemment, bien qu’elle évoque des verres progressifs, on refuse de les lui donner, même à minima, en tous cas dans le panier B. Trop compliqué, comprenez-vous, pour ces cerveaux en bouillie détruits par la propagande, les formations, les endoctrinements. Mais on préfère lui parler des « lunettes toutes remboursées », et c’est vers ça qu’il faut évidemment se tourner face à ces opticiens pervers, tout est bien encadré et, surtout, gratuit !


Sauf que…

Cette patiente a droit à un forfait, faisons simple, global de 300€, sur lequel la MNPAF déduit les 0.09€ de la sécu dans le panier B. La MNPAF remboursera donc, dans le marché dit libre, 299.91€.


Dans ce qu’il est convenu d’appeler le panier A, le 100% santé, la part sécu monte à 37.80€ sur un forfait plafonné de 210€ (dans le cas de cette patiente). La MNPAF participe donc à hauteur de 172.20€, soit 127.71€ de moins que le panier B.


Une économie de 42% pour l’OCAM dans ce cas. Sans compter le passage de la dame dans les moches montures Nocle à 30€ fortement préconisées, dont Santéclair est assuré d’écouler 1.200.000 pièces de cette résine infâme durant 4 ans, avec son complice Pierre Bondet qui ne sert plus qu’à exister minablement dans ce cirque. Deliquescence. La vieillesse est, décidément, un naufrage.


MNPAF, on parle de marchands de tapis que nous sommes? Vous nous battez à plates coutures.


Des assurés vous appellent afin d’être orientés; vous leur mentez par délivrance d’informations partielles et biaisées, et vous les spoliez.


Correspondants MNPAF, derrière votre petit bureau, votre petit téléphone, vous êtes vraiment minables. Avec vos supérieurs: responsables et coupables.


Opticiens partenaires Santéclair, vous ne valez guère mieux. Patrons et salariés, tous dans le même sac. Voilà comment vous conquérez vos patients, sur la tromperie et le mensonge.


Aux pouvoirs publics: cet exemple montre définitivement qu’avec le 100% santé, les réseaux ne servent à rien. Je vous ai sorti un exemple parce que c’est celui de trop. Mais ces discours sont malheureusement courants, nous les entendons au quotidien.


Ma patiente s’est faite abuser par la MNPAF. Elle peut utiliser le hashtag #metoo ou #balancetonocam. En France, ils sont des millions à être désinformés pour coûter moins.
La MNPAF ment et sert la finance. Ce qui est étonnant, c’est qu’elle est soutenue par des syndicats (CGT en particulier) plutôt connus pour défier tout cela et s’en méfier, ces mêmes syndicats capables de bloquer le pays pour contester la retraite par points, mais s’accordant pour livrer la santé aux financiers les plus impitoyables.


Tout cela profite forcément à quelques uns.Mais à qui?


Ceux qui ne veulent pas nous entendre ne le font pas innocemment.


Tous complices?


Réfléchissez-y…

Krys ou l’assistance respiratoire.

Mes amis, mes chers confrères,

Comment ne pas s’étouffer devant cette communication interne à destination des opticiens « associés » Krys?

Souvenez-vous de la photo de Monsieur Champion, toutes dents carnassieres dehors, en pleine AG 2019, son visage offensif surmonté de la fabuleuse formule « concourir pour adhérer aux réseaux de soins ». Ou quelque chose comme ça.

Cet objectif alors que nous avions tous les détails du 100% santé, accompagné de la baisse des plafonds montures de 50€.

Sans honte ni peur du ridicule, la direction de Krys conseillait alors de cumuler les prix bas d’un dispositif d’état avec les marges ridicules des réseaux de soins.

En gros, pour tout entrepreneur normalement constitué muni d’une calculatrice à 50 centimes chez Aliexpress, tuer la création de valeurs.

Il n’était pas difficile de prévoir que ce cocktail, associé aux royalties des enseignes, et à toutes les obligations, serait un bâton de dynamite au sein des trésories. Et pour les accrocs aux réseaux, découvrir avec douleur à quel point ils sont fragiles.

Pas difficile, sauf pour le « capitaine » Champion, qui sait, lui, que le cumul de chiffres d’affaires rapportera la même chose à l’enseigne, quelle que soit la marge dégagée.

Je commenterai un minimum le document que je vous livre à tous, Guildiens ou non. L’insulte consistant à rajouter des intérêts aux royalties, afin de bien expliquer qui tient les robinets de la respiration artificielle, et qui pourra les tourner afin de couper l’oxygène.

Alors: incompétence ou trahison?

Combien faudra-t-il de renoncements, d’appels à la soumission, d’humiliations, pour enfin tirer les conséquences ?

Combien de leçons non retenues par lâcheté? Je le dis à ceux qui vont recourir à cette pseudo-aide: votre vision trop court terme, l’immédiateté, la satisfaction de voir le client pousser la porte coûte que coûte, à n’importe quelle condition, vous a mené là.

Tout cela car vous avez cru avoir des oracles devant vous, les avez considérés comme des évangiles, buvant leurs paroles, abandonnant tout esprit critique, démissionnant de toute réflexion. Et que la contestation était implicitement interdite.

Associés, vous dites. Ils pretendent. Fusibles, j’affirme.

Quand vous réveillerez-vous? Reprendrez votre présent en main, fermement, rétablirez votre autorité au sein de vos affaires ? Il ne devrait pas y avoir d’autre capitaine que le capitaine. L’autre est un imposteur. Seul celui qui investit est le maître. L’autre usurpe. Il vous faut encore des preuves?

Combien de parasites virevoltent autour de notre profession ? Ils sont inutiles et vous acceptez un transfert de vos richesses, un hold-up organisé. Or, les compétences, c’est vous qui les avez. Les investissements, vous les avez faits. Qui sont ces autres qui vous envoient dans le mur, alors que tout était prévisible? En tous cas pour nous qui n’avions rien à vous prendre.

Pendant cette période d’accalmie forcée, prenez le temps de réfléchir. C’est une chance, saisissez-là. Encore quelques jours pour que cette anesthésie ne se transforme pas en euthanasie.

Confraternellement vôtre.

Opticien ou le délit de sale gueule.

J’exerce ma profession d’Opticien depuis plus de 30 ans.

Je vous le dis: je fréquente les réseaux sociaux et suis atterré par le niveau de certaines questions que posent mes confrères. Des questions que nous aurions eu honte de poser, du temps où nous étions 150 par an à obtenir notre droit d’exercer.

Est-ce de notre fait si les pouvoirs publics ont décidé de multiplier par 20 le nombre de diplômés par an? Est-ce cette errance de l’Etat que nous devons payer alors que beaucoup ont dénoncé, avec stupeur, cette dilution de la qualité de la formation dans la quantité d’opticiens sur le territoire, provocant un tsunami annuel?

Alors que nous tapons du pied depuis 2 ans sur cette mesure 100% santé, où l’Optique-Lunetterie a été la profession sacrifiée, trop d’opticiens s’étonnent, pris par surprise, posant de nouvelles questions idiotes, alors que beaucoup d’entre nous n’ont fait qu’alerter, criant le plus fort possible afin de réveiller les consciences. Dans ma profession, informer est un défaut, beaucoup auraient vendu des sacs de patates si les mutuelles n’avaient pas existé, exactement de la même manière. Ne rien entendre, nier l’information, dénigrer ceux qui la donnent. Pour ceux qui travaillent en enseigne, préférer la dérive sectaire qu’on leur impose et abandonner la liberté de penser.

Alors oui, le niveau de la profession s’est dégradé singulièrement depuis une quinzaine d’année, formant une armée de petits soldats plus aptes à saisir une prise en charge qu’à étudier scrupuleusement les besoins visuels, une grande partie d’entre eux définitivement anesthésiés, et pour longtemps, par le système abrutissant des réseaux de soins, répétant à l’envi que, quelque soit la façon d’exercer, “nous sommes tous opticiens”.

Ce qui nous vaut, aujourd’hui, une singularité: quand on veut parler de lunettes dans les médias, l’invité principal est Paul Morlet, titulaire d’un CAP d’électricien, qui a monté des dizaines de boutiques d’optique déficitaires avec les moyens illimités de son mentor Xavier Niel. Incroyable, non? Toutes les enseignes devraient en prendre de la graine: la prime est donnée à celui qui déclare des prix nets qu’à celui qui annonce de fausses remises (suivez ma pensée) ou qui promet zéro dépense. Nous nous sommes discrédités seuls, et pire, les opticiens se refusent de retenir les leçons du passé, et d’en tirer les conséquences.

Mais, vous l’avez compris, je voulais en venir à cela: ces dérives n’excusent pas ce que le législateur nous fait subir depuis plusieurs années. Plusieurs lois, dispositions, sensées faciliter l’accès aux soins, stigmatisent notre profession et seulement notre profession, ces lois concernant à chaque fois la chirurgie dentaire, l’audioprothèse et l’optique.

La loi Leroux, ignoble dans son contenu, votée sous l’influence d’un conflit d’intérêt que seuls les aveugles ne veulent pas voir, nous font subir les remboursements différenciés et les réseaux fermés. Ce n’est le cas ni des dentistes ni des audioprothésistes.

Et maintenant, le 100% santé fixe des tarifs très bas (nous dirons une moyenne de coût d’équipement complet à 200€ contre 2400 pour l’audioprothèse, différence arbitraire autant qu’injustifiée), dérembourse le patient si il choisit un équipement plus onéreux (le patient en audioprothèse garde son forfait si il choisit librement son équipement et ne paiera que la différence), nous oblige à fournir un devis normalisé juste délirant, pouvant atteindre 5 ou 6 pages, avec moult détails inutiles, imposant la présentation de l’offre 100% santé même si le porteur ne veut pas en entendre parler… Il faut voir ce devis pour le croire, il est une caricature de la bureaucratie à la française, l’inverse du “choc de simplification” que nous promettait le Président précédent, une aberration écologique. Les dentistes n’auront pas à le faire.

La vente de lunettes est, ainsi, en France, une exception mondiale, qui fait pouffer de rire nos confrères étrangers, s’étrangler les industriels et éditeurs de logiciels, la rendant aussi complexe et normée que l’achat d’une maison, nécessitant paperasses, cachets (pour la migraine également) et signatures de toutes les parties.

Deux mots me viennent à l’esprit: discrimination, ségrégation.

Pour autant, si on peut penser que la profession mérite ce que je considère comme des sanctions, au vu de la communication lamentable, des offres délirantes et de certaines pratiques, jouant sur la crédulité pour un produit de première importance; l’argument primaire  “Il faut faire rentrer le client” étant le leitmotiv des grandes enseignes et des “équipes” endoctrinées.

Pourquoi l’Etat n’a pas profité de l’occasion du 100% santé afin de nous obliger à rentrer au forceps dans le monde paramédical en réglementant la publicité, et surtout sanctuariser l’offre dite “Panier A” en interdisant toute communication ou publicité la concernant? On préfère donc nous imposer des machines à gaz – pourquoi pas, c’est une habitude française de rendre les choses étonnamment compliquées afin d’aboutir à un résultat que les professionnels maîtrisent par leur savoir et leur expérience – mais prendre les décisions simples qui sautent aux yeux de tous semble hors de portée, comme le bon sens.

Une petite remarque d’ailleurs aux audioprothésistes, en passant. Aller prétendre que votre profession est plus utile que l’Optique est mensonger.  Certes, vous avez eu l’intelligence, jusque là, de protéger votre formation, conserver sa qualité, sa rareté, et, en cela, je vous félicite. Mais de grâce, n’oubliez pas que 80% des informations arrivent au cerveau par les yeux, et que la perfection du produit lunettes, considéré comme un complément du système visuel de haute technologie, est aussi noble que la qualité du produit audio. Aussi utile. Et, quand on en a assez de votre attitude quand vous nous dénigrez devant les assureurs afin de préserver votre pré-carré, vous nous rappelez à l’ordre en brandissant l’ennemi commun que sont les réseaux. Mais à ennemi commun, combat commun: vous ne vous grandissez pas en nous rabaissant, et votre situation sera très bientôt, bien plus vite que vous ne le pensez, semblable à la nôtre. L’audioprothèse sera vulgarisée comme l’optique l’a été. Nous sommes vos éclaireurs, en précipitant notre chute, vous préparez votre accélérez votre descente aux enfers. Seul votre temporaire faible nombre vous permet encore de faire céder les réseaux, qui ne vous respectent pas plus que nous, et attendent le moment de vous abattre. Et vous n’y pourrez rien.

Enfin, je suis surpris du débat actuel: transmission des ordonnances et des codes LPP. Je ne me demande pas comment, mais bien pourquoi l’Etat ne fait pas, simplement, respecter la loi, et rappelle fermement aux OCAM leurs obligations. Ces entités sont dans l’impunité la plus totale, je le demande: l’Assemblée votera t’elle en conscience et sans honte une nouvelle Loi Leroux, aussi immonde, afin de mettre la législation en conformité avec des pratiques délictueuses, comme cela a été fait, de l’aveu écrit de députés, afin de “sauver la MGEN hors-la-loi » (et qui continue à pervertir la nouvelle mesure en refusant le tiers-payant sur la panier A)? Elles ont déjà eu le droit de laisser, une fois de plus, s’envoler les cotisations, au mépris du souci de la ministre. Jusqu’à quand vont-elles se comporter en état dans l’état, profitant à l’infini de la mansuétude coupable des pouvoirs publics.

Les opticiens en ont juste assez d’être les pestiférés des professions de santé, réclament pour leur immense majorité la fin des remboursements différenciés, que les mutuelles ne se prennent pas pour un pseudo-ordre ou organisme de contrôle donc ils se sont octroyés arbitrairement le rôle, et d’être sous la seule autorité du seul organisme impartial qui soit: la Sécurité Sociale.

Les audioprothésistes prennent soin de vous.

En 48 heures, j’ai eu des nouvelles des audioprothésistes par… les enseignes d’Optique.

D’abord, un audioprothésiste d’Optical Center, lors d’une pub télé, reçoit un homme nouvellement appareillé et lui explique qu’il est là pour prendre soin de lui.
Mais qu’avec l’achat de son appareil, il aura une paire de lunettes gratuite.

Aujourd’hui, le média Acuité nous apprend que la chaine Audio2000, extension d’Optic 2000, entreprend une information ambitieuse sur les acouphènes.
Le même Optic 2000 dont le leitmotiv sur les lunettes est “venez et ne payez rien”.

Les audios, emmenés par leur syndicat l’UNSAF, n’ont comme axe de communication que le paramédical, le professionnalisme. L’empathie, l’accompagnement, la lutte contre l’enfermement sur soi qui a pour résultat la sénilité. Bien entendre, c’est bien vivre. L’audioprothésiste est là afin de “take care of you” (prendre soin de vous). Bien entendre, c’est bien vivre, bien vieillir, connecter avec son entourage, ses petits enfants.

Et cela n’a pas de prix.


Mais dites-moi… En quoi mal voir est-il moins handicapant que mal entendre?
Pourquoi les opticiens ne parlent que d’argent, ou plutôt de gratuité, alors que les audioprothésistes ne parlent que d’amélioration de qualité de vie?
Une personne à qui on annonce une DMLA a-t-elle comme réaction “tant que j’entends bien…”.?
Un grand lecteur est-il heureux de ne plus pouvoir lire? Une personne âgée de ne plus pouvoir regarder correctement la télé? Ou de ne plus pouvoir conduire prématurément, alors que cette mobilité est ressentie comme liberté et autonomie?
L’un est-il plus important que l’autre? La réponse est non. Les deux sont essentiels. Les deux font partie de la santé, de nos 5 sens. Et ne l’oublions pas: l’immense majorité des informations reçues par notre cerveau provient des yeux.

N’y a-t-il pas de notion de qualité, de confort, de personnalisation dans notre profession ? De recherche de besoins afin d’arriver au meilleur choix d’équipement? Nos catalogues verres sont devenues de vraies bibles, aux multiples choix de matériaux et géométries. Je connais mal la profession d’audioprothesiste, mais peuvent-ils en dire autant?

Alors… À quoi jouent les opticiens? Pourquoi dénigrer, simplifier ?

Après avoir pulvérisé la réputation de leur propre profession, les voilà qui s’emploient à donner à l’audioprothèse la plus belle des images.
Et si ils peuvent rabaisser celle de l’optique afin d’y parvenir, ils ne vont pas être avares de leurs efforts et, encore une fois, leur imagination risque de nous laisser pantois.

Le 100% santé a été un échec pour les Opticiens, un succès pour les audioprothésistes. Pour les enseignes, l’audioprothèse est le nouvel Eldorado à conquérir. Une vraie marge en Euros, des réseaux de soins cléments: l’objet lunettes est sacrifié, ses fonctions oubliées; on sait où aller chercher la marge disparue. D’ici que les deux marchés se mélangent, ainsi que les facturations… Les vieilles habitudes ont la vie dure.

Tout flatteur vit au dépens de celui qui l’écoute. Je serais les audios, je me méfierais des trop bonnes dispositions de ces renards d’opticiens et de leurs enseignes. La marge de l’audio servirait de palliatif? De bouche-trous? Le 100% santé sera soumis à bilan. Les écoles d’audio commencent à fleurir: d’ici 10 ans maximum, le numerus clausus ne sera qu’un souvenir, les réseaux vont augmenter la pression, si les opticiens continuent à leur permettre d’exister.. Quand aux voeux des assureurs de se passer des audios et de tout contrôler à distance, ce n’est pas de la fiction.

Ce sera l’Optique et l’Audioprothèse. Les deux ensemble, ou aucun des deux. Il faut penser les uns avec les autres. Nos professions sont soeurs, mais ne doivent pas se mélanger, pas dans la situation actuelle. Dans la façon de présenter son métier et son savoir-faire, je préfère de loin les audios.

Mes amis audioprothésistes, à court terme, les vertueuses manières des opticiens à votre égard vont s’envoler. Les enseignes ne raisonneront non plus en valeur mais en parts de marché. Communiqueront en fonction de cela, et, après vous avoir endormi en vous mimant à l’extrême, la grande braderie commencera. Vous pouvez encore arrêter leur folie, mais il faut faire vite et être fermes.

Cette leçon vaut bien un fromage, sans doute…

Les réseaux n’existent pas !

Les opticiens vivent un moment formidable.

Après 10 ans de règne des réseaux de soins, je suis fier de vous le dire: les appels d’offres de cette rentrée sont un échec avoué.

Les réseaux sont arrivés en mode rouleau compresseur, sans aucun doute sur leur domination. Devant une profession qui avait montré de nombreux signes de soumission, le mode « aucune pitié » était de mise. Un cahier des charges affolant, entièrement aux frais de la princesse, comprenez l’opticien, et des conditions commerciales aberrantes. Les opticiens ont enfin sorti leur calculatrice et en ont conclu que toutes les pdm (parts de marché) de la terre étaient insuffisantes !

Quel amateurisme des concepteurs de ces appels, quelle morgue, quel dédain! Les 3, Santeclair, Itelis et Seveane, main dans la main, se confondant dans les mêmes termes insultants, les différences ne faisant qu’exacerber le sentiment de vexation de nos confrères. Les opticiens ont téléchargé les documents, les ont analysés assez vite, et sont retournés s’occuper de la boutique. À l’exception de certains indécrottables, aucune intelligence humaine n’est susceptible de donner suite. Étonnant de la part de structures émanant d’assureurs, pour lesquels seuls les résultats et dividendes font loi, de proposer d’accepter de telles conditions. Pensaient-ils que les règles qu’ils s’appliquent sont ignorées par les autres professions? Nous prennent-ils pour des abrutis ou des incompétents?

Il n’y a pas de postulants. Il n’y a pas de maillage cohérent, régulier, possible.

Et donc, nous assistons à une scène du Roi Lion: les hyènes, devant la puissance retrouvée de Simba, cherchent à faire croire à un adoucissement, à feinter une sorte de compromis, et cherchent à imposer un léger recul, très léger. Pour mieux mordre. Un « on vous a compris, on va s’arranger ». Mais si peu. Plus minable, c’est impossible. Je ne trouve aucun autre mot pour les qualifier.

Deuxième insulte, donc. Prenez-le comme il se doit: ce ne sont même pas des miettes. À jeter, comme tout cela aurait dû l’être depuis la création de ces réseaux, pour lesquels nous ne sommes qu’une profession paillasson.

Il ne reste finalement qu’une question à se poser pour que les hyènes quittent définitivement nos territoires. Simple: c’était comment, avant les réseaux ?

Souvenez-vous: on décidait de nos politiques commerciales. De nos prix. De nos conditions. Nous avions la force de négocier selon nos besoins et nos aspirations, et choisissions nos fournisseurs. Chaque monture de nos boutiques était sélectionnée avec soin, par nous, nos équipes. Nous gagnions mieux, comme toute profession, si nous vendions meilleur et plus beau. Nous nous développions, notre profession était respectée, aucune structure n’était là pour nous dénigrer en tant qu’opticiens.

Il n’y avait pas, tous les 4 ans, le coup de pression des appels d’offres. Chaque changement, nous en étions les décisionnaires et en donnions l’impulsion. Nous et que nous. Et je vous demande : qui investit, à qui peut-on donner le droit de le faire à notre place ? À personne, dans aucun bureau, de Nantes, de Paris, ou de nulle part ailleurs. Chacune de nos réussites, comme chacun de nos échecs, nous en étions les seuls comptables, les seuls responsables. Et franchement, ce n’était pas mieux?

Nos seuls juges étaient nos patients.

Le tiers-payant? Quel besoin des réseaux, il existe les plateformes. Les réseaux veulent faire de l’optique ? Qu’ils ouvrent leurs propres boutiques ! Leurs actionnaires auront vite fait de leur demander des comptes sur leur rentabilité, inexistante avec les conditions qu’ils prétendent imposer à notre profession. Votre profession, qui n’appartient qu’à vous. Comme vos boutiques, qui ne doivent rien à personne, sauf à vous et vos équipes.

Quant à l’accès aux soins, le 100% santé est là pour l’assurer dans chaque boutique de France. Les réseaux viennent juste parasiter le dispositif.

Un fait: les directeurs des réseaux de soins, pour faire court et pas vulgaire, n’ont aucune estime pour les opticiens. Aucune. Ils n’ont de cesse de nous dénigrer, de nous nier. Ils disparaissent enfin de notre univers, oubliez leurs noms, ils ne valent pas mieux.

Aujourd’hui, à l’heure où je vous écris, après la fin de non-recevoir de Santéclair, les reculades minuscules d’Itelis puis de Seveane, nous devons, nous allons confirmer notre position. À l’heure où je vous écris, les réseaux ont cessé d’exister. Nous avons été leur terrain d’essai, nous avons sifflé la fin de la partie.

La profession vient de se reprendre en main. Et recommence à exister. Nous n’avons plus peur.

Bravo ! Et merci à mes confrères. Cette profession, à nouveau, en vaut la peine.

Et si c’était mon dernier article ?!

Paul Morlet raconte…

Quand la propagande dépasse les bornes de l’indécence… Pour la n-ième fois, le sous-fifre de Xavier Niel, Paul Morlet, a eu le droit de déblatérer sa parole sur une grande chaîne d’infos, LCI…

Soupe servie par Pascal Perri, dont le noble objectif, depuis des années, est de détruire l’image de professionnels qu’il a placé en-dessous de l’espèce humaine: les opticiens. Et puis, tant qu’il n’y a aucun risque, autant être le plus lâche, bête et méchant possible.

Quoi de moins talentueux qu’un bonhomme malsain qui a le droit d’utiliser son temps d’antenne pour mener à bien une mission on ne peut plus minable. Le petit chef qui abuse de son petit pouvoir. Mais beaucoup d’opticiens pensent que la plaisanterie LPT a assez duré, en tous cas que les méthodes utilisées doivent cesser.

Qui est Paul Morlet? Un hologramme, un avatar de Xavier Niel, qui a eu cette chance incroyable d’exister sur un concept invivable économiquement; perdre des centaines de milliers d’euros quand il en était à son unique magasin parisien, alors que n’importe quel entrepreneur aurait eu les huissiers aux fesses. Lui n’est rien, il est l’image sexy et jeune de LPT, projetée par le boss. Demandez à Marc Simoncini, son meilleur ennemi, ce qu’il serait advenu de LPT sans les milliards de Niel et de Pinault; Simoncini éjecté des plateaux à l’avènement de LPT… Un gâteau, vous disiez, Pascal Perri? Vous croyez vraiment que cette triplette fait tout cela pour des prunes ? Chez LPT, les lunettes à 10€ sont un alibi. Mais ne sont pas à vendre. Et, Monsieur Perri, je vous crois trop expérimenté pour atteindre un tel degré de naïveté.

De ces centaines d’opticiens en train de mettre la clé sous la porte, personne n’a été sponsorisé. Mais une chose est claire, Morlet est né sous une bonne étoile et tant mieux pour lui.

La réussite ne me gène pas. Tant que les règles sont équitables. LPT (qui ne s’étend plus guère sur les réseaux sociaux sur ses forfaits low-cost…) est devenue une nouvelle enseigne. Comme les autres. Avec des emplacements aux loyers chers, du personnel, du matériel onéreux : il n’échappe pas aux règles économiques qui s’imposent à tous. Sauf une:  cette entreprise bénéficie tout de long de l’année d’une publicité permanente et gratuite. Une spoliation manifeste de centaines de millions d’euros. Ce n’est pas de la pub, me direz vous? Non. Pas officiellement. Comment cela s’appelle quand l’information se met au service d’un seul point de vue? Je le répète : de la propagande.

Car ce qui est fort, chez les Soumier, Perri, et consorts, qui ne doivent rien faire pour rien, c’est de faire passer de la publicité pour de l’information. D’utiliser des espaces réputés impartiaux pour servir une parole. Quand on invite à plusieurs reprises une seule personne qui déverse ses vérités, qui ne sont que mensonges et approximations, avec ménagement, surtout sans contradicteur, ni droit de réponse, cela depuis plus de 3 ans, est-ce de l’information ? La réponse est non.

Morlet ne se refuse plus rien. Loin de tout respect, il écrase et provoque. Quitte à mentir effrontément. Il se sent intouchable, protégé, comme un sale gosse néanmoins chouchou du prof.

Paul Morlet raconte. À sa sauce. Ce qu’il veut, ce qui l’arrange. Comme il veut. Quand il veut.

Mais messieurs les journalistes, je suis désolé de vous le dire: bébé Morlet a grandi. C’est aujourd’hui des dizaines de boutiques à travers la France. Pendant que des milliers d’opticiens achètent, par le biais de leurs enseignes, des milliards d’euros d’écran de pub, qui vous paient et vous nourrissent (à moins que Niel fasse mieux, et directement ?), lui bénéficie de tout cela pour rien. Votre pouvoir de nuisance n’a d’égale que votre malhonnêteté, votre incompétence, mais pire, la jalousie est votre seul moteur. Morlet doit payer sa pub, comme les autres. Le plus petit opticien paie sa pub, ses flyers, ses mailings.

D’ailleurs, que font les enseignes devant cette flagrante injustice, cette distorsion ? Rien, comme d’habitude, et MorNiel le sait. Elles se couchent. Trop peureuses de perdre une part de marché, elles préfèrent continuer à ruiner leurs franchisés en achetant des espaces publicitaires. Pas une révolte, pas un ultimatum, alors que la mobilisation devant ce vol (et je pèse mes mots) devrait faire leur unanimité !

Quant aux syndicats… Comme le disait Coluche, rien que le nom m’amuse. Ne tirons pas plus sur ces ambulances.

Monsieur Perri, puisque vous êtes le dernier serviteur en date, je pense que vous êtes un journaliste téléguidé, qui aurait pu, à toute époque, servir ce qui vous est imposé. Bien faire cela n’est pas un talent. Si commanditer votre pouvoir de nuisance est pour vous une façon de vous affirmer, vous êtes un homme triste. L’ORTF a vécu, on préfère aujourd’hui se mettre au service du plus fort et du plus riche, d’autant plus si ce dernier explique la main sur le coeur son désintéressement monacal. Tout en ayant pour objectif plus de 60 boutiques en France… En ne gagnant rien, évidemment, puisqu’il suffit que MorNiel l’affirme sur un plateau.

Pour ma part, je continuerai à signaler au CSA chaque émission où Paul Morlet a une tribune publicitaire gratuite. J’encourage mes confrères soucieux de l’équité à en faire autant. Aider une idée supposée innovante peut se justifier, au début. Quand tout prouve que, finalement, rien n’est révolutionnaire et que ça continue, il y a anguille sous roche. Morlet n’a jamais eu besoin d’aide. Mais personne ne l’a jamais été autant, avec une telle intensité, dans une telle durée, dans aucun corps de métier.

Ce cirque doit cesser.

Santeclair, le suicide.

Qui peut ne pas aujourd’hui se poser des questions sur les motivations de Santéclair quant à son appel d’offres opticiens 2019 ?

De nombreuses informations nous parviennent. Ne croyez pas que la vie est rose pour le réseau de soins le plus réputé. Des actionnaires sont sur le point de partir. Du point de vue des assureurs, cette coûteuse et oligarchique entité est néfaste pour leur image, la liberté de choix du patient, et la réelle qualité des soins dispensés.

Santeclair, depuis sa création, en particulier par sa prêtresse Marianne Binst, fait de la propagande, traînant dans la boue de manière peu subtile les professionnels de santé. De l’abus des opticiens à l’inutilité des audioprothésistes, jusqu’au mercantilisme des médecins. Santeclair vomit sur nos professions, mais ne dédaigne pas de s’en servir bénévolement, d’utiliser des structures dans lesquelles ils n’ont pas investi un seul euro. En psychologue bourrue, Binst a compris que la peur de l’entrepreneur est le carnet de commande vide. Et que cette promesse de volume contre des paniers moyens très bas leur a fait oublier les marges invivables et la négation de feu leur expertise, morte et enterrée par les procédures aliénantes du réseau. Pensant que l’appel d’offres précédent allait éradiquer bon nombre de concurrents, les voilà confrontés au nouveau, sans avoir obtenu les résultats mortifères promis et attendus depuis 4 ans.

Car dans l’inacceptable, Santeclair vient de franchir bon nombre d’étapes et de bornes. Si on cherchait à avoir zéro postulant, il était difficile de trouver plus d’idées. Seul le manque de temps, certainement, leur a fait rater la distribution des verres, au moins dans le cadre du 100% santé. Mais rien n’empêche de l’envisager en cours de partenariat…

D’abord, des sources bien informées vous expliquent depuis le mois de juin la distribution imposée de montures. Vous ne vouliez pas y croire? Les opticiens trouvaient que les 36 montures par an de Carte Blanche, c’était un peu fort de café ? Ce ne sera pas 50, pas 80, pas 100, mais 160 montures la première année suivis de 80 les années suivantes répondant au ridicule nom de Nocle, vendues à l’opticien au triple du prix des fournitures habituelles dans cette gamme. Vous avez dit « marge », Madame Binst, comme lorsque vous agitiez en transes une pochette de verres au SILMO devant un Alain Afflelou médusé et apathique? Au nom de l’OFG, un fabricant qui a tout de la coquille vide, Bondet, va vous servir d’alibi. Obligation d’en exposer 80 en permanence, c’est une vraie occupation de l’espace sans aucune liberté de choix, intolérable pour tout opticien qui se respecte.

Vous avez martyrisé les patrons? Vous vous attaquez aux salariés que votre structure n’a de cesse de formater afin afin qu’ils ne sachent plus travailler en dehors de vos diktats. Les voilà obligés de vous faire connaître leur fiche de paie. Faisant fi du RGPD, les pouvoirs que vous vous auto-conférez vous font vous immiscer dans l’intimité du personnel, créant une terrible tromperie du patron vis-à-vis de lui. Car si candidature il y a, les fiches de paie seront fournies. Et si le salarié veut garder son job, il devra se taire, même si il a compris la manœuvre. C’est une pression terrible, une torture morale, venant de vous, Madame Binst, à qui certains réclament de connaître vos revenus depuis pas mal de temps, sans réponse.

Comme vous n’avez honte de rien, vous voilà justifiant les tarifications humiliantes des verres en déclarant, ouvertement, que les fournisseurs appliqueront des tarifs différenciés en faveur des opticiens partenaires. Cela n’a jamais été avoué de la sorte, les verriers s’évertuant à mentir aux opticiens depuis des décennies. Mais là, je leur lance un appel: pourquoi aider ceux qui signent ? Qui les a obligé ? Ont-ils eu un pistolet sur la tempe? La réponse est non. Et donc, dans ce cas, vous voulez faire tomber les réseaux? Aidez les opticiens non-signataires et laissez tomber froidement les autres ! Il y sont allé de leur plein gré. Un verrier comme Seiko va payer très cher sa duplicité, ses tentatives de retour chez les opticiens ayant choisi la liberté sont risibles.

Enfin, l’archivage par Santeclair des cartes de vue, le transit de toutes les commandes, de tous les avoirs, de tous les accords par leurs services est une dépossession de la clientèle pour l’opticien : désormais, son fonds de commerce ne lui appartient plus, la part de clientèle Santeclair appartient à Santeclair.

Empressés, les postulants ne prendront pas le temps de lire entre les lignes. Soulever les non-dits. On va les y aider : aucune sortie du partenariat n’est possible tout au long de sa durée. On ne pourra plus dire: si c’est néfaste, je sors. Il faudra accepter la mort de son entreprise, pour une simple excitation passagère. Cela demande une mûre réflexion, un prévisionnel : les appels d’offre qui se succèdent au pas de charge ne vous en laissent pas le temps, et ce n’est pas innocent. Moins vous réfléchirez, plus vous avez de chances de postuler.

L’appel d’offres Santeclair est pathologique. Si une entreprise voulait aller dans le mur, se suicider, elle n’aurait pas fait autrement : devenir insultant avec ses clients, suspicieux comme un conjoint jaloux épiant le moindre des actes, le mettant à l’eau et au pain sec, dédaignant son intelligence et sa capacité de discernement. Cet appel d’offres est sous le signe de la démence, de la fuite en avant. Mieux, et c’est hallucinant: chaque communiqué de presse confirme et insiste sur l’intolérable, et on peut vous reconnaître une qualité : vous ne vous cachez pas. Comment accepter tout cela? Non, personne ne peut. Aucun entrepreneur ne peut. Vous ne pourrez pas. Santeclair va mourir comme Icare, de son orgueil et de sa morgue. Et Santeclair le sait déjà. C’est une entité fragile car nous sommes les marionettistes qui tirons ses ficelles. Et nous allons les couper et le laisser s’écraser dans le vide.

RIP, Santeclair. Tu ne nous manqueras pas.

La fraude chez les opticiens? Parlons-en.

La fraude. On en parle?

Voici des années qu’on nous bassine avec la fraude des opticiens. Tout a été fait afin de décrire chacun d’entre nous comme un fraudeur en puissance, susciter chez certains de ceux qui croient nous représenter un double langage dans le registre « fais ce que je dis et ne regarde pas ce que je fais ».

Dans nos rangs, certains sont culpabilisés à mort, beaucoup sont manipulés, d’autres nous expliquent qu’ils signent les réseaux pour la combattre (la fraude) et pour l’accès aux soins.

Historiquement, les contrats collectifs OCAM ont rivalisé de garanties absurdes pendant des années, se sont battus afin d’en remporter de très gros en promettant le remboursement de verres unifocaux à 1000€ pièce et des montures à 500€.

De qui s’agit-il? AXA, Generali, GAN, MAAF, ALLIANZ… Des milliards et des milliards de CA, présents à l’échelle mondiale. Des enfants de choeur? Qui est assez naïf pour penser cela?

Sans contrôle aucun, ces entités ont remboursé une ou plusieurs paires de lunettes par an, des lentilles pour les enfants, et, quand un opticien était gêné par une fraude qui lui portait préjudice, il se faisait envoyer ballader. Les OCAM ont laissé frauder; pire, elles ont encouragé la malversation à grande échelle, permettant à des opticiens de monter de nombreuses boutiques en quelques années.

Les fraudeurs professionnels sont facilement identifiables. Fréquence de renouvellement particulièrement élevée sur un point de vente, taux de facturation lentilles de contact… En quelques années, dans l’espace PLM en particulier, les OCAM auraient pu faire fermer 30 voire 40% des points de vente, certains avec un CA au mètre carré hallucinant. Ce n’était qu’une question de volonté. Seulement, voilà…

Les OCAM l’avaient-elles, cette volonté, et, politiquement, ne fallait-il pas laisser faire afin que la nécessité des contrats collectifs devienne incontournable?

La réponse est dans la question. Quant vous savez qu’une OCAM grande donneuse de leçons a réhabilité une boutique connue dans la France entière pour ses pratiques, à la demande de l’entreprise, afin de conserver le contrat d’un célèbre parc d’attractions… Cette OCAM ayant la prétention de réguler nos prix, tout en adhérant à un réseau de soins des plus contestables, qui a validé cette « exception »…

Les OCAM et les gros fraudeurs ont travaillé main dans la main, pour un taux de mauvaises pratiques finalement infimes chez les autres, et largement prévues dans leurs cotisations, et bel et bien payé par non seulement le porteur correct et habituel, mais aussi par l’opticien dont ça ne constituait pas le fonds de commerce et l’essence de la clientèle.

Quoi de plus gratifiant pour la mutuelle d’avoir la satisfaction de ses adhérents, sortis avec une Dior, une Cartier ou une Chanel, optique ou solaire (ou les deux) à l’oeil?

Les OCAM se sont immiscées dans notre activité et maintenant inversent les rôles.

Loin de moi l’idée d’exonérer la fraude. Ok, les amis, la fraude, c’est mal. On ne sait pas où elle commence, où elle finit. Mais croyez-en mon expérience: tout ce qui donne accès à des remboursements, privés ou publics, conduit au pire à de la fraude à grande échelle, au mieux à des arrangements de circonstance. Et pas qu’en optique: formation, pompes à chaleur, isolation, audioprothésistes et dentistes, carossiers et pompes funèbres: les opticiens ont été attaqués de la sorte car trop nombreux, individualistes et désunis.

Et puis, à fraudeurs, fraudeurs et demi… parce qu’il faudrait peut être que nos culpabilisés ouvrent les yeux…

Quand une mutuelle refuse de communiquer au client les garanties pour lesquelles il paie;
Quand un correspondant se braque à la seule écoute du mot « opticien »;
Quand, par oral ou par écrit, un client se voit détourné de notre point de vente;
Quand on nous explique que vendre un unifocal plus de 100€ est une folie, mais que les dirigeants des réseaux de soins touchent des salaires dépassant les 25000€ par mois;
Quand, comme par hasard, les factures de nos clients sont perdues à plusieurs reprises, et qu’il manque toujours un décompte, et ce, toujours par les mêmes mutuelles, qui nous traitent de marchands de tapis;
Quand nos mutuelles « oublient » de payer et créent le délai de « forclusion » afin d’effacer définitivement la dette;
Quant elles manient le remboursement différencié jusqu’au déremboursement,
Quant la Loi Leroux est votée afin de sauver la MGEN hors-la-loi;
Quand, dans un chantage honteux, elles nous obligent à communiquer les ordonnances, les corrections, afin de rembourser le client, donc que nous soyons payés, alors que c’est strictement interdit, par les lois françaises et européennes;
Quand, lors des prochain partenariats, les opticiens se verront envoyer des centaines de montures aux origines improbables et aux marges invérifiables;
Quand des contrats au ticket modérateur sont vendues à des personnes en ALD;
Quand un client finit par obtenir ses garanties mais que celles communiquées sont toujours celles des verres hypercomplexes,
Quand un correspondant se trompe, mais n’en est jamais responsable, alors que la communication est sensée être enregistrée, et que l’ocam n’assumera jamais…

Je demande: qui abuse, qui fraude?

Nous ne parlons pas, là, de quelques centaines ou quelques milliers d’euros par an. Mais bien de centaines de millions, voire de milliards.

Je vous garantis que 99,9% d’entre nous peuvent se regarder fièrement dans un miroir, d’être toujours debout malgré tous les coups portés. Les propagandes, arrangements, jusqu’aux lois votées carrément à l’Assemblée Nationale, sensée représenter le peuple, nous représenter!

Des contrôles? Oui, par la sécurité sociale, seule entité impartiale et respectueuse des lois. Comment se soumettre à autre chose?

Répondre aux appels d’offres et les accepter comme tutelle revient à se sentir coupables d’un mensonge monté de toutes pièces.
D’une imposture car, sans opticiens, sans vous, pas de réseaux.
Prenez-en conscience. Ayez confiance en vous. Ce sont les OCAM qui doivent plier. Nous respecter. Et non l’inverse. Nous avons tellement dit oui, et eux à augmenter la pression, à imposer des verriers, des montures, des prix, jusqu’où nous pouvions vendre, quoi et comment. Nous sommes les opticiens, ils ne sont que des redistributeurs de cotisations.
Allez-vous continuer à démissionner? Allez-vous continuer à être lâches? Allez-vous continuer à avoir peur?

Et désignons nos ennemis. Ils ne sont pas dans nos rangs.